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Obama pousse un coup de gueule contre les attitudes moralisatrices sur Twitter

Barack Obama en discours à Munich.

Barack Obama en discours à Munich. | © BELGA/DPA

Société

Le mardi 29 novembre dernier s’est tenu le sommet annuel de la Fondation Obama à Chicago. L’ancien président américain a profité d’une prise de parole pour pousser un coup de gueule sur la tendance grandissante à la moralisation sur les réseaux sociaux, et plus particulièrement sur Twitter. 

 

Un phénomène surnommé « woke culture »

À l’occasion du sommet annuel de sa fondation, ce mardi 29 octobre, Barack Obama s’est entretenu avec l’actrice et activiste Yara Shahidi. L’ancien président a mis en garde contre les dérives moralisatrices de la « woke culture » sur les réseaux sociaux.

Mais qu’est-ce que la culture woke ? Aussi appelée « call-out culture », « purity culture » ou « cancel culture », il s’agit d’un terme dérivé du verbe « to wake » et qui signifie « éveillé » en français. Le woke désigne le fait de pointer du doigt les mauvaises actions d’une personne ou les injustices subies par certaines catégories, mais sans faire preuve d’un véritable militantisme. Cette forme d’activisme est surtout un moyen de montrer sa vertu, sa pureté idéologique, sans action efficace derrière.

L’ex-président a critiqué cette volonté de pureté idéologique en des termes forts : «Il y a des gens qui pensent que, pour changer les choses, il suffit de constamment juger et critiquer les autres (…) Si je fais un tweet ou un hashtag sur ce que tu as fait de mal, ou sur le fait que tu as utilisé le mauvais mot ou le mauvais verbe, alors après je peux me détendre et être fier de moi, parce que je suis super “woke” parce que je t’ai montré du doigt. Mais ce n’est pas vraiment de l’activisme. Ce n’est pas comme ça qu’on fait changer les choses.»

Une tendance particulièrement nocive chez les jeunes

Il a également signalé à quel point ce type de comportement pouvait être dangereux chez les jeunes au sein des universités. Sa fille aînée, Malia, vient elle-même d’intégrer l’université d’Harvard.

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«J’ai l’impression que parfois, chez certains jeunes, et c’est accéléré par les réseaux sociaux, la façon d’apporter un changement est d’être le plus prompt à critiquer les autres et que ça suffit. […] Le monde est bordélique. Il y a des ambiguïtés. Les gens qui font des choses vraiment bien ont des défauts. Les gens que vous combattez peuvent aimer leurs enfants et, vous savez, partager certaines choses avec vous. Ce n’est pas de l’activisme, ce n’est pas apporter un changement. Si tout ce que vous faites, c’est jeter la première pierre, alors vous ne faites probablement pas grand chose. »

 

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Pas le premier discours du genre

Ce n’est pas la première fois qu’Obama s’exprime sur le sujet. Lors d’un événement pour la fondation Obama à Berlin en avril dernier, il avait déclaré : « Une des choses qui me préoccupent le plus chez les progressistes aux États-Unis, et qui peut aussi être vrai ici (à Berlin), est une certaine raideur à travers laquelle nous décidons : ‘Hum, je suis désolé mais voilà comment les choses vont être’ (…) et où nous commençons à nous tirer dessus parce que l’un d’entre nous s’est éloigné de l’idée de pureté que nous avions établie au départ sur ces questions ». Et de conclure : « Quand ça arrive, l’effort collectif et le mouvement en général est affaibli ».

Des discours qui appellent à prendre nos responsabilités plutôt qu’à fustiger passivement autrui via les réseaux. Entre provoquer l’action et se complaire à avoir pu identifier le problème, il y a effectivement quelques nuances…

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