Paris Match Belgique

Holocauste : des archives inédites révèlent que les grandes puissances étaient au courant de l’ampleur que prendrait le génocide

Les archives révèlent que les Alliés de la Seconde guerre mondiale étaient au courant de l'ampleur de la Shoah deux ans et demi plus tôt. | © Flickr : Daniel ............

Société

De nouveaux documents provenant de la Commission des crimes de guerre des Nations unies (UNWCC) révèlent que les Alliés étaient au courant des camps de concentration bien avant leur découverte officielle.

Tandis que les vastes archives – détenues par les Nations Unies lors des poursuites judiciaires contre les Nazis – sont dévoilées pour la première fois au public, de nouvelles informations resurgissent quant aux moments les plus sombres de l’histoire du 20e siècle. Daprès les journaux The Guardian et The Independentdes documents inédits des Nations Unies indiqueraient que les Alliés de la Seconde guerre mondiale étaient au courant de l’ampleur que prendrait l’Holocauste.

Lire aussi : Comparer Assad à Hitler : la bourde du porte-parole de la Maison Blanche

Autrefois inaccessibles, ces dossiers scellés pendant près de 70 ans révèlent de nouvelles preuves sur la Shoah et sur les camps de concentration. Du jamais vu précédemment par le public. Ces archives, certaines datant de 1943, seront dévoilées cette semaine à la Wiener Library, à Londres, via son catalogue de recherche en ligne. L’accès à la grande quantité de preuves et d’actes d’accusation s’accorde avec la publication, ce mardi 18 avril, du livre Les Droits de l’Homme après Hitler par Dan Plesch, auteur et professeur au Centre d’études internationales et diplomatiques de l’Université SOAS de Londres, qui a permis la publication des archives jusqu’à présent tenues secrètes.

Ces documents montrent comment la Grande-Bretagne, les États-Unis et la Russie ont tardé à faire pression pour que les Nazis de premier plan soient jugés pour leurs crimes contre l’humanité. Aussi, on y apprend comment le gouvernement polonais en exil a été en mesure, dès 1944, de fournir des détails extraordinaires sur les camps de la mort.

Les Alliés savaient-ils ?

Quand les hauts responsables américains et britanniques ont-ils découvert les preuves de la planification de l’extermination des juifs ? Pourquoi ne sont-ils pas intervenus plus tôt ? Tant de questions restées suspendues aux lèvres de l’histoire. Mais des éléments de réponse semblent aujourd’hui refaire surface.

Les documents des Nations Unies révèlent entre autres que les Alliés de la Seconde guerre mondiale étaient au courant de l’existence de la « solution finale » bien avant la découverte officielle d’Auschwitz par les soldats soviétiques, en janvier 1944. Selon les archives inédites, dès le mois de décembre 1942, les gouvernements américain, britannique et soviétique auraient su qu’au moins deux millions de Juifs avaient été assassinés et que cinq millions de Juifs supplémentaires risquaient le même sort.

Traduction : Découvrir les dossiers des Nations Unies sur l’Holocauste va réécrire des chapitres entiers de l’histoire, sur base de nouvelles preuves.

D’autres preuves révèlent qu’en mars 1943, le ministre du cabinet de guerre de Winston Churchill – le vicomte Cranborne – déclarait que les juifs ne devaient pas être considérés comme un « cas particulier » et que l’Empire britannique était déjà trop rempli de réfugiés pour pouvoir leur offrir un refuge. Les archives prouvent également qu’Hitler, ainsi que d’autres de ses commandants, furent accusés de crime de guerre en 1944.

Les grandes puissances ont émis des commentaires sur le meurtre de masse des Juifs deux ans et demi plus tôt que ce qui était généralement supposé.

Lire aussi : Yolocaust, le site qui recadre les selfies du mémorial de Berlin

Une ressource pour « lutter contre le déni de l’Holocauste »

Avant la publication officielle de ces documents – sous la décision de la dernière ambassadrice de l’ONU, Samantha Power – seuls les chercheurs autorisés par leurs gouvernements nationaux et le secrétaire général des Nations Unis étaient autorisés à y accéder, sans pouvoir prendre des notes ni faire des copies. L’historien Dan Plesch, qui a étudié les documents pendant dix ans, a déclaré au Guardian que l’archive ouverte « est une ressource énorme pour lutter contre le déni de l’Holocauste ».

CIM Internet