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30 ans après la fin de l’Apartheid, les inégalités salariales restent criantes en Afrique du Sud

Milliers de travailleurs sud-africain qui manifestent pour un meilleur salaire

Ces travailleurs sud-africains protestent contre le chômage élevé et les politiques gouvernementales qui aggravent la pauvreté. | © Wikus DE WET / AFP

Société

Les Blancs gagnent trois fois plus que les Noirs, dans un pays où les Africains noirs représentent 80 % de la population.

 

Trente ans après la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, il semblerait que les discriminations raciales soient toujours présentes dans le pays. Selon un nouveau rapport des statistiques nationales, les Blancs gagnent en moyenne trois fois plus que les Noirs, qui représentent 80 % de la population. Ces recherches – effectuées entre 2011 et 2015 – montrent que les inégalités salariales ont augmenté de façon significative, malgré la fin du régime discriminatoire en 1994.

L’apartheid (mot afrikaans signifiant « séparation, mise à part ») a divisé les Sud-Africains entre 1948 et 1991 en groupes de Blancs, Noirs, Indiens et « gens de couleur » (terme désignant les personnes considérées comme étant de race mixte). L’apartheid englobait des lois ségrégationnistes en faveur d’une minorité blanche. Les choses ont commencé à changer en 1989 avec l’arrivée au pouvoir du président Frederik de Klerk et la libération moins d’un an plus tard de Nelson Mandela.

Frederik de Klerk et Nelson Mandela à Johannesbourg
Frederik de Klerk et Nelson Mandela, le 15 mai 1992 à Johannesbourg. © TREVOR SAMSON / AFP

Bien que les lois d’apartheid aient depuis été abolies, ce nouveau rapport met en lumière une discrimination toujours bien présente dans ce pays, le plus industrialisé d’Afrique. L’Afrique du Sud demeure l’une des sociétés les plus inégalitaires du monde. Le rapport précise que le salaire mensuel moyen des Noirs était en moyenne sur les quatre années de 6 899 rands (soit 422 euros), contre 24 646 rands pour les Blancs (soit 1 506 euros).

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« Les Africains noirs sont généralement plus vulnérables sur le marché du travail et le chômage est élevé dans ce groupe de population », a déclaré le responsable des statistiques nationales, Risenga Maluleke, à la station de radio locale 702. Les chiffres sont sans appel. Les Africains noirs représentent plus de 46 % des chômeurs dans le pays, alors que les Blancs moins de 10 %.

Les femmes également discriminées

Bien que les revenus restent « très dépendants de la race », la discrimination salariale concerne également le genre. Les femmes gagnent 30 % de moins que les hommes, souligne l’organisme national des statistiques.

En janvier, une nouvelle loi sur le salaire minimum est entrée en vigueur, ce qui a été considéré comme une mesure historique visant à réduire l’un des écarts de revenu les plus importants du monde. Malgré cela, les Africains noirs et les personnes de couleur souffrent de pauvreté « de manière chronique », et ont difficilement accès à internet et à l’assurance maladie.

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