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Attentat déjoué en France : le point sur l’enquête

L'arrestation a été menée à Marseille par des hommes du Raid | © Belga

Société

Clément B., 23 ans, et Mahiedine M., 29 ans, ont été interpellés mardi à Marseille, à cinq jours du premier tour de l’élection présidentielle. Le plus âgé des deux suspects cherchait à entrer en contact avec l’organisation jihadiste Etat islamique (EI), notamment pour transmettre « une vidéo d’allégeance ou de revendication ».

Le procureur François Molins, en charge du dossier, parle de deux hommes « aussi méfiants que déterminés ». Il a précisé qu’une « vidéo interceptée le 12 avril dernier » montrait « une table sur laquelle est posée un fusil mitrailleur de type UZI », « le drapeau noir de l’Etat islamique », « des dizaines de munitions disposées afin d’écrire « la loi du talion » » et « la une d’un quotidien », Le Monde, datée du 16 mars 2017 « avec en couverture un candidat à l’élection présidentielle ». Un drapeau de l’État islamique ainsi que de la « documentation jihadiste » avaient déjà été découverts au domicile de Mahiedine M., à Roubaix, lors d’une perquisition administrative en décembre 2016.

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Le jour de l’attaque et le ou les cibles visées toujours indéterminés

Les enquêteurs ont fouillé l’appartement occupé par les deux suspects à Marseille. Dans ce logement « d’étudiant », un véritable arsenal de guerre a été découvert : fusil mitrailleur, deux armes de poing, un pistolet automatique, des sacs et boîtes de munitions, un silencieux et un couteau de chasse. Trois kilos de TATP, une grenade artisanale contenant du TATP, un sac de boulons, des mèches, des produits chimiques de conditionnement mais aussi des bouteilles d’acétone et d’eau oxygénée ont également été saisis, a détaillé le procureur de la République François Molins. Les deux hommes interpellés mardi à Marseille se préparaient à mener « une action violente, de manière imminente sur le territoire français, sans qu’on puisse déterminer avec précision le jour, le ou les cibles visées ». Une incertitude mêlée de soupçon : les enquêteurs auraient en effet découvert un montage photo montrant l’un des terroristes potentiels, arme à la main et drapeau de Daesh en toile de fond, tenant un journal avec une photo de François Fillon.

Le candidat le plus menacé

BFMTV rapporte que depuis l’interception du photomontage par les services de renseignement la semaine dernière, l’Uclat, l’unité de coordination de la lutte anti-terroriste, a classé le candidat Les Républicains au niveau 2 des personnalités menacées, sur une échelle de 1 à 4 ( le niveau 1 correspondant aux personnalités les plus menacées, le niveau 4 les moins ). François Fillon est le seul candidat classé dans cette catégorie. Marine Le Pen est au niveau 3, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon au niveau 4. Résultat, le nombre d’officiers de sécurité pour François Fillon est passé de 10 à 12 hommes. De quoi ajouter un peu de tension encore à une primaire qui s’annonce survoltée.

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