Paris Match Belgique

Un chauffeur Uber multirécidiviste provoque un mouvement général de dénonciations sous le hashtag #UberCestOver

Uber est en train de vivre un vrai bad buzz alors que le hashtag #UberCestOver se multiplie sur les réseaux sociaux.

Uber est en train de vivre un vrai bad buzz alors que le hashtag #UberCestOver se multiplie sur les réseaux sociaux. | © Unsplash / why kei

Société

Uber est en train de vivre un vrai bad buzz alors que le hashtag #UberCestOver se multiplie sur les réseaux sociaux. Des utilisatrices y relatent les agressions sexuelles dont elles ont été victimes en utilisant l’application. 

 

Tout a commencé avec le témoignage d’une jeune femme, le 17 novembre dernier, qui a déposé plainte à l’hôtel de police de Strasbourg pour agression sexuelle à l’encontre d’un chauffeur Uber. Peu de temps après, celle-ci a décidé de partager ce qu’elle avait vécu sur Twitter, avec un screenshot du profil et de la photo du conducteur en question :

Lire aussi > Un homme se met dans la peau d’une femme le temps d’une journée pour dénoncer le harcèlement de rue

Peu de temps après, une seconde utilisatrice reconnaît dans ce témoignage un événement similaire qu’elle a elle-même vécu avec un chauffeur Uber. Convaincue qu’il s’agit de la même personne, elle contacte Anna Toumazoff, fondatrice du compte instagram @memespourcoolkidsfeministes et lui relate son agression :

« J’ai commandé un Uber pour rentrer d’une soirée vers 3h du matin. J’étais la dernière à être déposée. A. m’a proposé de monter à l’avant: naïve, gentille et ne voulant pas le vexer, j’ai accepté. Il m’a pris la main, m’a touché la cuisse. Quand je lui ai demandé sèchement d’arrêter, il m’a dit ‘ha je pensais que vous étiez plus bourrée que ça’. Suite à ça, j’ai envoyé des messages à Uber. Je les ai appelés. Lors de cet appel ils m’ont promis que le chauffeur se ferait virer ».

D’autres jeunes femmes ont alors également reconnu le chauffeur. Sur son compte Instagram, Anna Toumazoff publie tous les témoignages de jeunes filles qu’elle reçoit. Des dizaines de screenshots reprenant ces mauvaises aventures sont actuellement accessibles sur la story de la page Instagram. La jeune femme appelle également Uber à prendre les mesures nécessaires pour protéger et rassurer les victimes.

Lire aussi > L’interview surréaliste de Nadine Trintignant à propos de Roman Polanski sur BFMTV

Le phénomène n’est pas uniquement présent chez nous. En avril 2018, CNN relatait que 103 chauffeurs Uber avaient été accusés d’agressions sexuelles.

En réponse, Uber a publié ses excuses, notamment en réponse aux accusations de plusieurs utilisatrices qui affirment qu’Uber a supprimé certaines des courses qu’elles avaient signalées. L’entreprise a également fournit une explication par podcast des noouvelles mesures adoptées par l’application pour renforcer la sécurité de ses clientes et clients.

Dès qu’une agression est signalée, Uber affirme que leurs employés vont prendre immédiatement contact avec la victime et l’agresseur pour recueillir leurs témoignages. De plus, le compte du chauffeur en question sera immédiatement bloqué et le restera durant toute la durée de l’enquête. Ainsi, ce chauffeur ne pourra temporairement plus réaliser de courses pour Uber. La victime sera également encouragée à porter plainte, car, si celle-ci est déposée, elle permettra à Uber de prendre des mesures « encore plus légitimes ». Une relation dédiée entre les forces de l’Ordre et Uber existe. Uber pourra ainsi fournir toutes les informations (la course, des informations concernant le chauffeur et son historique, son numéro de téléphone, etc.).

La mise en place en 2020 d’un « rappel en temps réel » est également évoqué. Cette nouvelle fonctionnalité permettrait de « signaler tout incident qui se serait déroulé et nous nous engageons à vous rappeler directement, c’est-à-dire dans les deux ou trois minutes », déclare Uber.

Précisons ici qu’il ne s’agit pas de créer un climat de paranoïa autour de la plateforme Uber. La plupart des conducteurs de l’appli en ligne réalisent un travail formidable et sont d’un respect irréprochable. Il s’agit simplement d’informer le public et d’inciter l’application à prendre des mesures concrètes lorsque des phénomènes anormaux, suivis de plaintes, se produisent. Et cela pour une sécurité totale des utilisatrices et utilisateurs qui placent leur confiance en l’application.

CIM Internet