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Chili : La puissante performance contre les violences faites aux femmes [VIDÉO]

Manifestation féministe au Chili

Un chant féministe qui donne des frissons. | © CLAUDIO REYES / AFP

Société

En première ligne des manifestations depuis le début de la crise au Chili, ces femmes courageuses risquent des actions, parfois au péril de leur vie.

Dans le monde entier, ce lundi 25 novembre était placé sous le signe de la lutte contre les violences à l’égard des femmes. Au Chili, l’intense crise sociale que connaît le pays depuis mi-octobre s’est invitée à la manifestation féministe. Résultat : des cris d’autant plus forts et des rassemblements plus révoltés que jamais.

Dans le centre de Santiago, les femmes du collectif LASTESIS ont fait entendre leur voix. Contre l’Etat, le patriarcat et les féminicides qui découlent de cette domination masculine, elles ont entonné un chant puissant qui donne des frissons.

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« L’État oppresseur est un macho violeur »

Sous-titrée en français par Narimene Mouaci Bahi, la vidéo a été vue plus d’un million de fois. « Le patriarcat est un juge qui nous juge à la naissance. Et notre punition est la violence que, là, tu vois », chantent-elles au début, les yeux bandés, se balançant de droite à gauche. « C’est le féminicide, c’est l’impunité pour mon assassin. C’est la disparition, c’est le viol », poursuivent-elles, avant de répéter sous les applaudissements du public : « Et ce n’était pas ma faute, ni où j’étais, ni comment j’étais habillée. Le violeur, c’était toi. Le violeur, c’est toi. Ce sont les flics, les juges, l’État, le président. L’État oppresseur est un macho violeur. »

 

Je n’ai pas pu ne pas sous-titrer ça !!! Aujourd’hui le Chili !!

Publiée par Narimene Mouaci Bahi sur Lundi 25 novembre 2019

Sororité face à la répression

D’après le reportage de Es Mi Fiesta TV, le collectif chilien a investi plusieurs lieux de la capitale, notamment devant un commissariat du centre de la ville. Une action forte, la tête haute, devant les forces de l’ordre, qu’elles accusent de violences et d’abus sexuels. L’État réfute catégoriquement toute accusation.

En première ligne des manifestations depuis le début de la crise, ces femmes courageuses risquent ces actions, parfois au péril de leur vie.

Trois mystérieuses disparitions

La récente disparition de trois femmes, dans des circonstances mystérieuses, ne fait qu’accroître le climat de peur qui pèse sur ces manifestantes, et ne fait qu’augmenter leur sentiment d’injustice et leur colère.

Daniela Carrasco, une artiste de rue militante, et Albertina Martinez, une photojournaliste chilienne de 38 ans, sont décédées ces dernières semaines. La première aurait été retrouvée pendue à une grille, la deuxième sans vie dans son appartement. La mort de Daniela, surnommée la Mimo, a généré une crispation dans tout le pays. Beaucoup de rumeurs circulent autour de ce décès, certains affirmant qu’elle aurait été torturée à mort ou violée. Face à cet emballement, le collectif d’avocates féministes chiliennes Abofem a appelé au respect de la mémoire de Daniela et de sa famille, qui à plusieurs reprises, a recommandé la prudence et demandé la dignité dans son deuil.

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La troisième femme, Carolina Muñoz Manguello, a quant à elle disparu lors d’une manifestation. Une vidéo très largement diffusée sur les réseaux sociaux montre, selon son auteur, Carolina Muñoz Manguello être embarquée très violemment par les forces de l’ordre alors qu’elle bloque le passage d’un de leurs véhicules. Depuis, sa famille serait sans nouvelles d’elle.

Les affrontements au Chili ont fait au moins 23 morts, dont cinq après l’intervention des forces de sécurité, et plus de 2 000 blessés.

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