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La stratégie insolite et coûteuse du milliardaire Michael Bloomberg pour gagner la primaire américaine

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Michael Bloomberg a annoncé qu'il prévoyait de dépenser jusqu'à 1 milliard de dollars de sa fortune pour sa campagne. | © BELGA IMAGES

Société

Aux États-Unis, si vous tapez « climat » ou « réchauffement climatique », vous tomberez sur le programme de Michael Bloomberg. Comment expliquer ce phénomène ? 

 

Alors que le milliardaire Michael Bloomberg avait d’abord refusé de se présenter à la présidentielle américaine, reposant tous ses espoirs sur le centriste Joe Biden, il a finalement annoncé qu’il avait changé d’avis. Pour gagner la présidentielle, celui à qui l’on reproche de vouloir « acheter la présidence », a récemment adopté une nouvelle stratégie : acheter la majeure partie de la publicité liée au climat sur Google.

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En tout, ce sont plus de 800 expressions liées à la thématique du climat qui ont été achetées par le candidat démocrate. Aux États-Unis, il vous suffit de taper les mots tels que « climat », « réchauffement climatique » ou même « apocalypse climatique » pour que des résultats sponsorisés par Michael Bloomberg apparaissent sur votre écran.

Quand stratégies politiques et commerciales ne font qu’une

Cette stratégie était jusque-là uniquement utilisée par les entreprises commerciales à des fins publicitaires. Il s’agit d’acheter des référencements sur certains mots très utilisés afin d’atterir en tête des résultats de recherche lorsque le mot est tapé sur un moteur de recherche tel que Google. Cette stratégie serait effective même sur les climato-sceptiques puisqu’une question telle que « Est-ce que le changement climatique est un canular » ferait aussi apparaître le programme climatique de Bloomberg sous forme de contenu sponsorisé au sommet des résultats de recherche.

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Cette manoeuvre viserait à aider Bloomberg à rattraper son retard pour toucher le plus large public possible, tout en le présentant comme le candidat écolo par excellence. Un sondage publié fin novembre créditait Bloomberg de seulement 3% des intentions de vote.

Comme le relate le site Numerama, c’est la journaliste Kate Aronoff qui s’est amusée la première de cette découverte :

 

 

La Floride ou encore Miami sont les cibles prioritaires, les récentes catastrophes naturelles dûes au réchauffement climatique ayant touché une bonne partie des habitants. Face à une réalité de plus en plus criante, même les électeurs républicains ont fini par s’engager dans la préservation du climat. Dans la matinale d’Europe 1, Alex de Tarlé précise à quel point « le climat devient un enjeu majeur pour gagner ou perdre une élection ». Le climat devrait effectivement devenir un sujet majeur au sein des stratégies électorales des prochaines années. Le journaliste évoque notamment le « plan ambitieux » de Jérémy Corbyn du côté britannique pour la neutralité carbone d’ici 2030.

1 milliard de dollars, le prix de la présidence ?

Michael Bloomberg a annoncé qu’il prévoyait de dépenser jusqu’à 1 milliard de dollars de sa fortune pour sa campagne. Cette énorme partie du changement couvrira de multiples aspects dont les achats publicitaires, mais aussi une campagne de publicité anti-Trump.

Jusqu’ici, impossible encore de savoir le véritable impact de la manoeuvre de Bloomberg sur les résultats des primaires. Cependant, cette pratique soulève à nouveau la question du rôle de l’argent privé en politique et l’absence de réglementation en ce qui concerne la publicité politique en ligne. Elle pose également la question de savoir si l’urgence climatique risque de devenir le principal sujet de campagne à l’avenir.

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