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Un tableau d’Emiliano Zapata nu avec des talons hauts fait polémique au Mexique

Un tableau d'Emiliano Zapata nu avec des talons hauts fait polémique au Mexique

Le tableau La Revolucíon de Fabián Chairez (2014) fait partie de l'exposition 'Emiliano Zapata après Zapata', au Palais des beaux-arts de Mexico. | © CLAUDIO CRUZ / AFP

Société

Les partisans du révolutionnaire ont fait irruption au Palais des beaux-arts de Mexico pour demander le retrait du tableau. « Brûlez-le ! », scandaient-ils.

 

Un portrait d’Emiliano Zapata, pourtant peint en 2014, a provoqué une tempête d’indignation au Mexique. Sur ce tableau, on voit le héros révolutionnaire mexicain posant sur un cheval blanc, seulement vêtu d’un sombrero rose, de hauts talons, et d’un ruban tricolore. Cette peinture fait partie de la collection « Emiliano Zapata après Zapata » présentée au Palais des beaux-arts de Mexico qui souhaite présenter des vues alternatives de la révolution mexicaine de 1910. Les réactions se sont enflammées après que le secrétaire à la Culture ait partagé l’image de l’exposition sur les réseaux sociaux vendredi dernier.

Un tableau d'Emiliano Zapata nu avec des talons hauts fait polémique au Mexique
Emiliano Zapata est une figure de la révolution mexicaine. © Flickr / Eduardo Francisco Vazquez Murillo

Dans le pays, Emiliano Zapata est toujours très populaire, vu comme un héros de la révolution avec son appel à « la réforme, la liberté, la justice et la loi ». Le général s’engage en politique peu avant la révolution de 1910 afin de défendre les droits des paysans. Il lutera jusqu’à sa mort, victime d’une trahison par ceux qu’il pensait être ses alliés. Depuis 1919, l’image du révolutionnaire est la moins controversée au Mexique selon The Guardian.

« Brûlez-le ! Brûlez-le ! »

Les partisans du révolutionnaire, les campesinos (paysans), ont pris d’assaut le Palais des beaux-arts de Mexico, l’un des plus renommés du pays, ce mardi pour exiger l’enlèvement du tableau. « Ce n’est pas de la liberté d’expression, c’est de la débauche ! C’est dégradant. Ils ne peuvent pas exposer notre histoire de cette façon », clamait l’un des manifestants selon des propos recueillis par The Guardian. « Ils ne peuvent pas permettre ce genre de moquerie. »

La situation a rapidement dégénéré avec d’un côté des partisans de Zapata, et de l’autre des militants LGBTQ+ venus défendre l’artiste. « Brûlez-le ! Brûlez-le ! » crièrent en parlant du tableau quelques-uns des manifestants qui se tenaient dans les escaliers de l’enceinte, rapporte ABC Noticias Mexico. Des militants LGBTQ+ sont également arrivés pour défendre l’œuvre de Chairez et ont été agressés par les défenseurs de Zapata.

« Tous les 20 ans environ, il se passe quelque chose » impliquant l’image de Zapata, confie Luis Vargas Santiago, commissaire de l’exposition en cours au Palais des beaux-arts auprès de The Guardian. « Ce n’est pas comme si l’image de Zapata était un symbole fixe qui ne peut être remis en question », défend-il. « Tout comme les monuments qui sont remis en question (ndlr, des Mexicaines ont tagué des bâtiments pour lutter contre le machisme dans leur pays), Zapata est aussi une image qui peut être subvertie. »

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Un descendant du général attaque l’artiste et le musée en justice

« Nous n’allons pas permettre cela », a annoncé Jorge Zapata Gonzalez. Il déclare également selon ABC Noticias Mexico poursuivre en justice le peintre et le responsable des Beaux-Arts pour avoir exposé la figure du général ainsi. « Pour nous, en tant que sa famille, cela dénigre la figure de notre général – le dépeignant comme gay », confondant ainsi orientation sexuelle et expression de genre. Bien qu’il affirme ne pas être contre la communauté LGBTQ+, il déclare que le fait d’exposer cette peinture est un « manque de respect » pour le peuple zapatiste.

La famille du général elle-même est divisée sur le sujet. Le commissaire Luis Vargas Santiago rapporte que certains descendants du révolutionnaire ont exprimé leur soutien à l’exposition.

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