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Sur Twitter, des « pédophiles revendiqués » se regroupent sous le hashtag #MAP

un homme sur son téléphone

Mais ce ne sont pas tous des pédocriminels. | © Unsplash/Gilles Lambert

Société

Sur Twitter, des pédophiles regroupés sous le hashtag #MAP expriment librement leur attirance pour les mineurs et tentent de normaliser la pédophilie.

L’affaire Matzneff a scandalisé une grande partie de la société. L’écrivain français n’a pourtant jamais caché son attirance pour les jeunes filles et les jeunes garçons. Il en parlait même dans ses écrits, sans jamais faire ciller le monde de l’édition. Aujourd’hui, les mentalités ont changé, mais les discours faisant l’apologie de la pédophilie ou de la pédocriminalité existent toujours. Ils sont encore nombreux à défendre ouvertement leur attirance et les relations sexuelles avec des mineurs, « au mépris de la loi », rappelle 20 Minutes.

Certains d’entre eux sont présents sur Twitter, où ils se regroupent sous un hashtag à l’apparence banale et familière. Repérée en décembre par Anna DeWitt, qui détient le compte Twitter Comtesse de Loynes, cette communauté de pédophiles se cache derrière l’acronyme MAP, qui signifie « Minor Attracted People », soit « personnes attirées par les mineurs » en français. « Il m’a suffi de simplement cliquer sur le #map pour trouver des pédophiles revendiqués, en moins d’une minute », explique la Française à Numerama, ajoutant qu’il s’agit de groupes « soudés » et « particulièrement actifs ».

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Plusieurs écrivent d’ailleurs le terme « pédophile » directement dans leurs biographies. Si la quasi-totalité des profils estampillés #MAP sont des pédophiles assumés, on peut les diviser en revanche en deux catégories : les pédophiles anti-pédocriminalité, conscients qu’il serait illégal et immoral de passer à l’acte, rassemblés derrière l’acronyme NOMAP (« non-offending minor attracted people »), et les pédophiles à tendance pédocriminelle.

Pour les premiers, les réseaux sociaux sont un moyen de discuter pour trouver du soutien lorsqu’ils sont tentés de commettre un crime. Pour les seconds, ils sont une plateforme pour tenter de « sensibiliser » l’opinion publique. Certains partagent des dossiers rédigés par des pseudo-spécialistes qui vantent le « droit des enfants à avoir une vie sexuelle active ». D’autres expliquent que « les pédophiles sont des marginalisés incompris ». Numerama a également découvert des extraits de journaux et des podcasts défendant la pédocriminalité. Dans l’un d’entre eux, deux hommes déclarent que les enfants sont uniquement traumatisés par les actes pédophiles parce qu’on leur « a appris qu’il fallait être traumatisés ». De multiples stratégies dont l’objectif est unique : banaliser et légitimer la pédocriminalité.

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Venu des États-Unis, ce mouvement a son propre vocabulaire pour faciliter les interactions sur les réseaux sociaux. Comtesse de Loynes a pointé trois acronymes : « AoA » qui évoque l’âge ciblé par les personnes pédophiles, « AoC », l’âge du consentement qui varie selon les pays ainsi que « Pro-C » pour « Pro-contact » désignant les internautes qui sont « pro-actes pédophiles ».

Cette communauté MAP serait composée en grande majorité d’anti-pédocriminalité, indique Numerama, qui a pu contacter à l’un de ses membres. D’après Anna DeWitt, qui dit étudier le mouvement depuis plusieurs mois, les MAP dits « pro-contact » seraient majoritaires. Leurs discours seraient « de plus en plus décomplexés ».

De nombreux comptes évoquent également librement leur paraphilie, soutenant que « la pédophilie est une orientation sexuelle normale », au même titre que l’homosexualité. Certains d’entre eux vont encore plus loin. Affichant une photo avec un fond coloré et rayé, ressemblant au drapeau arc-en-ciel de la communauté LGBT+, avec d’autres couleurs, ils défendent que les pédophiles devraient appartenir à la communauté LGBT+. Ce que AFP et de nombreuses associations, destinées aux LGBT et aux pédophiles, réfutent totalement.

La responsabilité de Twitter

Depuis les tweets d’Anna DeWitt en décembre, de nombreux internautes demandent à Twitter de bannir les comptes qui disent appartenir à cette communauté. Contacté par le média français, le réseau social a expliqué avoir une tolérance zéro en matière de promotion de l’exploitation sexuelle des enfants. « Entre janvier et juin 2019, nous avons suspendu au total 244 188 comptes liés à ceci, a fait savoir un porte-parole de Twitter via un communiqué. Nous continuons de combattre activement les abus sexuels sur les enfants. »

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