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Classement mondial de la liberté de la presse : la menace plus pesante que jamais

La Belgique, classée 9e sur 180 pays recensés, gagne quatre places par rapport à l'année dernière. | © EPA/NIC BOTHMA

Société

L’organisation de défense de la liberté de la presse et de protection des sources des journalistes dresse un bilan alarmant dans son dernier rapport.

« Jamais la liberté de la presse n’a été aussi menacée » dans le monde, s’alarme Reporters sans frontières (RSF) dans son rapport 2017 publié ce mercredi 26 avril, en évoquant les attaques anti-médias, les fausses informations, la répression et le triomphe d' »hommes forts » comme Donald J. Trump ou Recep Tayyip Erdoğan. La Belgique, classée 9e sur 180 pays recensés, gagne quatre places par rapport à l’année dernière.

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La situation aggravée pour les deux tiers du classement

La liberté de la presse connaît une situation « difficile » ou « très grave » dans 72 pays, dont la Chine, la Russie, l’Inde, presque tous les pays du Moyen-Orient, d’Asie centrale et d’Amérique centrale, ainsi que les deux tiers des pays d’Afrique, selon ce rapport.

Le Burundi (160e, -4), l’Égypte (161e, -2) et le Bahreïn (164e, -2) font ainsi leur entrée dans les bas-fonds du classement, comptant désormais parmi les 21 pays classés « noirs », c’est-à-dire où la situation de la presse est considérée comme « très grave ». À l’extrémité du classement, la Corée du Nord, le Turkménistan et l’Érythrée monopolisent les toutes dernières places depuis 12 ans.

Au total, près des deux tiers (62,2%) des pays répertoriés ont enregistré une aggravation de leur situation.

Obsession de la surveillance et non-respect du secret des sources

C’est le cas notamment du Mexique (147e), mais aussi de la Turquie, qui se retrouve reléguée à la 155e position après avoir perdu encore quatre places en 2016 (en douze ans, le pays a perdu un total de 57 places) et se distingue désormais comme la plus grande prison au monde pour les professionnels des médias.

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Selon le rapport, l’obsession de la surveillance et le non-respect du secret des sources contribuent à faire glisser vers le bas de nombreux pays considérés hier comme vertueux, à l’instar des États-Unis (43e, -2), du Royaume-Uni (40e, -2), du Chili (33e, -2) ou encore de la Nouvelle-Zélande (13e, -8).

Parmi les bons élèves, la Finlande régresse

« L’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis et la campagne du Brexit au Royaume-Uni ont offert une caisse de résonance aux discours anti-médias fortement toxiques, et fait entrer le monde dans l’ère de la post-vérité, de la désinformation et des fausses nouvelles. Parallèlement, partout où le modèle de l’homme fort et autoritaire triomphe, la liberté de la presse recule », analyse RSF, qui pointe également la Pologne (54e, -7) et la Hongrie (71e, -4).

En tête du classement, même les habituels bons élèves nordiques sont pris en défaut : la Finlande (3e, -2), qui occupait la première position depuis six ans cède sa place, pour cause de pressions politiques et de conflits d’intérêts, au profit de la Norvège (1er, +2), qui ne fait pas partie de l’Union européenne. En deuxième position, la Suède gagne six rangs, suivie de la Finlande (3, -2).

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La Belgique, quant à elle, arrive en neuvième position (+4), devant le Grand duché de Luxembourg et l’Allemagne qui se classent respectivement en 15e et 16e positions, en statu quo par rapport à l’année dernière, ainsi que la France (39e, +6).

(Avec Belga)

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