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La Suisse pourrait bientôt punir l’homophobie, l’un des derniers pays européens à ne pas le faire

La Suisse pourrait bientôt punir l'homophobie, l'un des derniers pays européens à ne pas le faire

Les déclarations homophobes seront interdites dans l'espace public, y compris sur les réseaux sociaux. | © Pexels / Mahrael Boutros

Société

Un référendum aura lieu dans deux semaines pour que l’homophobie soit sanctionnée au même titre que le racisme.

 

Les Suisses sont invités le 9 février prochain à voter, lors d’un référendum, sur un élargissement de la norme antiraciste introduite dans le code pénal en 1995. L’homophobie serait ainsi sanctionnée au même titre que le racisme. Les derniers sondages sont favorables aux sanctions contre les discriminations envers les homosexuels. La campagne s’est avérée plutôt calme.

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La discrimination fondée sur l’orientation sexuelle n’est aujourd’hui protégée qu’en cas de délits contre l’honneur ou de lésions corporelles. Cette protection ne vaut que pour des individus, mais ne permet pas de punir des attaques contre la communauté homosexuelle ou bisexuelle (LGB). Le Parlement a refusé d’inscrire l’identité du genre (transgenres et intersexes) dans la norme. Si le peuple donne son feu vert, les autorités devront intervenir dès qu’elles ont connaissance d’actes de haine et de discriminations en raison de l’orientation sexuelle.

Des déclarations interdites y compris sur les réseaux sociaux

L’extension de la norme antiraciste n’interdira pas les discussions entre amis, même au café, les débats publics ou l’expression de points de vue pour autant qu’ils ne portent pas atteinte à la dignité humaine ou dénient des droits à une personne, argumentent ses partisans. Les déclarations homophobes seront interdites si elles sont faites dans l’espace public, y compris sur les réseaux sociaux.

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Il ne sera plus possible de propager la haine et d’appeler à la discrimination ou à la violence contre les personnes homo- ou bisexuelles. Les restaurants, les cinémas, les hôtels ne pourront plus refuser de clients au motif qu’ils sont homosexuels. Le but n’est pas d’augmenter les condamnations, mais de faire reculer l’homophobie. La sanction encourue est une peine de privation de liberté de trois ans au plus ou une peine pécuniaire.

La Suisse est l’un des derniers pays d’Europe qui ne punit pas les discriminations en raison de l’orientation sexuelle.

Avec Belga

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