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La chaîne CNews suspend Audrey Pulvar pour avoir signé une pétition contre Marine Le Pen

La journaliste Audrey Pulvar | © PHOTO / LE PARISIEN / FREDERIC DUGIT

Société

Sur Twitter, Florian Philippot n’a pas manqué l’occasion de soulever le lièvre.

À moins de 15 jours du second tour de l’élection présidentielle, Audrey Pulvar a été suspendue d’antenne par CNews, a fait savoir ce mercredi 26 avril «Le Parisien». La chaîne d’info du groupe Canal+ reproche à la journaliste politique d’avoir signé une pétition féministe contre Marine Le Pen qui appelle à voter pour Emmanuel Macron, ce qui serait contraire à « la nécessité d’un devoir de réserve » des journalistes qui ne doivent « pas préciser pour qui ils votent », a fait valoir la chaîne par le biais de son porte-parole. Cette décision a été prise au nom de la « déontologie », dit-elle encore.

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La présentatrice, qui anime le dimanche sur CNews «Le Grand Rendez-vous» et l’émission politique «Le grand journal de la présidentielle», sera suspendue d’antenne jusqu’à la fin de la campagne le 7 mai, a expliqué le porte-parole de CNews à l’AFP.

Tous les jours des journalistes-éditorialistes d’extrême-droite déroulent le programme du FN dans des médias généralistes.

La signature de la journaliste a été critiquée par Florian Philippot, vice-président du Front national, qui dans un tweet mercredi a déclaré : « Pétition contre MLP signée par Audrey Pulvar, qui anime des émissions politiques sur CNews. Ça pose un vrai problème d’impartialité ».

De son côté, SOS Racisme a pris la défense de la journaliste de 45 ans. « Non seulement les propos anti-Le Pen n’ont pas été tenus sur l’antenne de CNews mais, en outre, une journaliste ne saurait, au nom de cette prétendue « neutralité », être transformée en speakerine dénuée de toute pensée conforme aux valeurs de la République qui, faut-il le rappeler à la direction de CNews, se nomment « liberté, égalité, fraternité » au moins jusqu’au 7 mai prochain », a fait valoir l’association dans un communiqué.

Comme toute défense, Audrey Pulvar a répondu sur Twitter à un internaute qui lui a écrit qu’il y a «effectivement un souci» à ce qu’elle ait signé la pétition. « Tous les jours des journalistes-éditorialistes d’extrême-droite déroulent le programme du FN dans des médias généralistes. Ça ne gène personne », a-t-elle répondu, avant de remercier ceux qui lui ont apporté leur soutien.

Lancée par Laurence Rossignol, ministre de la Famille, de l’Enfance et des Droits des femmes, cette pétition, intitulée « Féministes, nous ne voulons pas du Front National. Nous votons Emmanuel Macron », affirme que « l’élection de Marine Le Pen à la présidentielle serait une défaite pour les femmes ». Elle reproche notamment à Marine Le Pen « l’avortement qualifié de confort, la stigmatisation des femmes étrangères » ou « l’instrumentalisation raciste du combat contre l’oppression religieuse ». Elle est signée par un cinquantaine de personnalités, dont Zabou Breitman, Julie Gayet, Pascale Breugnot, Bruno Solo, le rabbin Delphine Horvilleur ou encore Agnès Jaoui.

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