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Dans « Quotidien », la jeune Mila rappelle sa liberté de blasphémer tout en regrettant sa « vulgarité »

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La jeune lycéenne de 16 ans sur le plateau de Yann Barthès. | © TMC.

Société

Mila, la lycéenne iséroise de 16 ans dont les virulentes critiques sur l’islam lui ont valu un déferlement de menaces qui l’empêchent aujourd’hui d’être scolarisée, a assuré lundi sur TMC ne « pas regretter » ses propos, revendiquant son « droit au blasphème ».

« Je ne regrette absolument pas mes propos, c’était vraiment ma pensée ». C’est sur ces mots que Mila s’est expliquée dans l’émission « Quotidien », sur TMC, ce lundi soir. « Je m’excuse un petit peu pour les personnes que j’ai pu blesser, qui pratiquent leur religion en paix, et je n’ai jamais voulu viser des êtres humains, j’ai voulu blasphémer, j’ai voulu parler d’une religion, dire ce que j’en pensais », a-t-elle cependant précisé.

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Depuis la publication controversée le 18 janvier de sa vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, la lycéenne a dû être déscolarisée et explique qu’aujourd’hui sa vie est « clairement en pause ». « L’Éducation nationale fait le maximum pour m’aider, me trouver un endroit où je serai en sécurité mais ce n’est pas évident », a-t-elle expliqué.

« Elle est dans une situation très particulière que nous condamnons, donc nous l’aidons avec une certaine discrétion car l’objectif est de la rescolariser paisiblement pour qu’elle ait une vie normale », avait indiqué un peu plus tôt à la presse le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

Mila a regretté face à Yann Barthès d’avoir tenu ses propos « sur les réseaux sociaux », ne mesurant pas « l’ampleur que ça a pu prendre », ainsi que « la vulgarité » des termes employés. Elle a également alerté les internautes sur « les faux comptes » et les « fausses cagnottes », précisant qu’aucune cagnotte n’avait été ouverte à son bénéfice.

Un récit qui a secoué la France

L’histoire de Mila, scolarisée dans un lycée public, a été racontée par le site identitaire féministe Bellica. Prise à partie et menacée de mort par un homme car elle avait exprimé sur Instagram « que son style de mecs, c’était pas vraiment les rebeus », la jeune fille avait réagi aux attaques dans une story : « Je déteste la religion. Le Coran est une religion de haine. Il n’y a que de la haine là-dedans. L’islam, c’est de la merde », avait-elle dit avant de poursuivre : « Je ne suis pas raciste, on ne peut pas être raciste d’une religion. J’ai dit ce que j’en pensais, j’ai totalement le droit, je ne regrette pas du tout, vous n’allez pas me le faire regretter. Là y’a encore des gens qui vont s’exciter, j’en ai clairement rien à foutre. Je dis ce que je veux, ce que je pense. Votre religion, c’est de la merde. Votre dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul. »

Des déclarations qui lui ont valu des torrents d’insultes sur le réseau social, des menaces de mort à répétition, et ce jusqu’à la menacer de l’attendre devant son lycée.

Son récit a rapidement trouvé un relais sur Twitter, où plusieurs personnalités politiques, dont certaines classées à l’extrême droite, ont exprimé leur indignation. Sur le réseau social, le mot-clé #JeSuisMila est devenu l’un des plus utilisés la semaine dernière. En 24 heures, le hashtag avait généré plus de 110 000 tweets.

Le parquet de Vienne, qui avait ouvert une enquête pour « provocation à la haine à l’égard d’un groupe de personnes, en raison de leur appartenance à une race ou à une religion déterminée », l’a classée sans suite.

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Les enquêteurs poursuivent en revanche leurs investigations pour trouver les auteurs des menaces de mort exprimées à l’encontre de la jeune fille qui a porté plainte. Selon la lycéenne, « la police prend ça très au sérieux ».

Avec AFP

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