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Le Swaziland veut interdire le divorce

Le Roi Mswati III veut interdire le divorce dans son pays, la dernière monarchie absolue d'Afrique. | © AFP PHOTO / TIMOTHY A. CLARY

Société

Le Roi Mswati III du Swaziland a décidé d’interdire le divorce dans son pays, la dernière monarchie absolue d’Afrique. Une première sur le continent.

Niché entre l’Afrique du Sud et le Mozambique, le Swaziland est dirigé par le Roi Mswati III, qui se surnomme lui-même « Le Lion ». Sa dernière décision en tant que dirigeant de la dernière monarchie absolue : interdire le divorce. Tout simplement.

« Dans notre culture, une fois mariés, il n’y a pas de retour en arrière possible », a-t-il déclaré plus tôt ce mois-ci, peut-on lire sur Quartz Africa. S’il n’utilise pas exactement le mot « divorce », c’est parce qu’il n’existe pas en Swati, la langue officielle du Swaziland.

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Pas de décret, pas d’interdiction

Mais le gouvernement n’a pas tardé a clarifié la situation : le divorce n’est pas officiellement interdit. Pour cela, le Roi devrait publier un décret officiel, ce qui n’est pas le cas pour le moment. De plus, cette déclaration survint peu après que le bureau du procureur général du Swaziland a rédigé un projet de loi de mariage 2017. Ce nouveau projet comporte cinq motifs légitimes de divorce et il rendra nulle la loi sur le mariage de 1964, s’il est voté, selon le journal the Times of Swaziland.

Selon Sabelo Dlamini, un porte-parole du gouvernement, les commentaires du roi auraient été sortis de leur contexte. Le Roi aurait tout bonnement souhaité « lancer un appel à la nation à engager la conversation plutôt que d’avoir recours au divorce ». Ce dernier est seulement interdit aux Philippines, pour la majeure partie de la population.

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Mswati III, l’homme à femmes

Arrivé au pouvoir en 1986, à seulement 18 ans, le Roi Mswati est l’un des hommes les plus fortunés et détestés d’Afrique. Alors que quasiment deux tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, il continue à s’enrichir et à refuser de respecter les droits de l’Homme. « Les autorités swazi doivent cesser de perséctuer les défenseurs des droits de l’Homme et les opposants politiques dans leur pays. Ils doivent leur permettre de mener à bien leur travail, sans harcèlement ni intidimidation », écrivait Amnesty International lors du 47e anniversaire de l’indépendance du Swaziland.

Le monarque a lui-même (au moins) 15 femmes et désigne une nouvelle tous les ans, « chacune disposant de son propre palais et se livrant à des dépenses ostentatoires », selon Slate Afrique. Non au divorce, mais un grand oui à la polygamie.

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