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« Le féminicide doit être un crime distinct dans la législation »

Environ 10 000 personnes ont défilé à Bruxelles le 24 novembre dernier pour dénoncer les violences conjugales, violences faites aux femmes et autres féminicides.

Environ 10 000 personnes ont défilé à Bruxelles le 24 novembre dernier pour dénoncer les violences conjugales, violences faites aux femmes et autres féminicides. | © Nicolas Landemard / Le Pictorium / MAXPPP

Société

L’association Vrouwenraad souhaite que la Belgique considère le féminicide comme un crime distinct dans la loi.

 

En moins de trois ans, 102 femmes ont été tuées en Belgique. Le Vrouwenraad exige que le féminicide devienne un crime distinct dans la loi. « Le féminicide fait plus de victimes que le terrorisme », argumente l’association lundi dans De Morgen. Cette revendication rejoint celle formulée, en mai 2019, par le Conseil des Femmes Francophones de Belgique (CFFB) dans son mémorandum.

L’an passé 24 cas de féminicide ont été recensés : des femmes tuées pour le simple fait qu’elles étaient du genre féminin. Il s’agit souvent de violences intrafamiliales, signes avant-coureurs d’un problème. « Chaque fois que quelque chose comme cela se produit ou qu’un meurtre spectaculaire est médiatisé, on en parle beaucoup, mais cette indignation ne débouche sur rien », déplore Magda De Meyer, présidente du Vrouwenraad. « Si l’on constate que le féminicide fait plus de victimes que le terrorisme, pourquoi n’est-ce pas une priorité à l’agenda ? »

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Former le personnel

Le CFFB souligne pour sa part que ces meurtres sont le maillon ultime d’une chaîne qui passe par différents actes de violence, allant du harcèlement verbal au viol en passant par d’autres types d’agressions physiques. Conformément à son mémorandum, le conseil des femmes francophones de Belgique réclame, de l’entrée à la sortie du parcours judiciaire et périjudiciaire, que l’ensemble du corps médical, du personnel psycho-médico-social et des maisons de Justice ainsi que les avocats, juges, procureurs, agents de police et gardiens de la paix soient formés de manière continue au fléau que représentent les actes de violence envers les femmes.

En parallèle, des moyens humains et financiers doivent être mobilisés et prévus dans les budgets afin d’assurer de manière efficace et durable le suivi des délinquants sexuels, pour évaluer correctement le risque qu’ils représentent pour la société et éviter tant que faire se peut la récidive.

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Le blog Stop Feminicide pointe d’ailleurs qu’il n’y a aucune statistique officielle. Et pour beaucoup, cela doit changer. La ministre de l’Égalité des chances, Nathalie Muylle (CD&V), admet que les données actuelles ne sont pas suffisantes. « On travaille en fin de compte sur des chiffres d’il y a 10 ou 20 ans », reconnait-elle. « On ne peut pas mener de politique sur cette base. »

Cependant, la ministre n’est pas tellement en faveur d’inscrire le féminicide comme un crime distinct dans la législation. « Je n’aime pas les symboles. Donnez-moi plutôt des mesures concrètes sur le terrain », assure la ministre.

Avec Belga

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