Venezuela : L’opposition refuse la proposition du pape, soutenue par huit pays

Venezuela : L’opposition refuse la proposition du pape, soutenue par huit pays

Huit pays soutiennent la proposition du pape | © AFP PHOTO / Vincenzo PINTO

Société

Face à la crise au Venezuela, le pape François avait assuré que le Saint-Siège était disposé à intervenir comme « facilitateur » mais « avec des conditions claires ». Dimanche, huit pays d’Amérique latine ont apporté leur soutien à sa proposition.

Huit pays d’Amérique latine, dont le Brésil et l’Argentine, ont apporté dimanche dans une déclaration commune leur soutien à la proposition du pape François d’une nouvelle médiation du Vatican dans la crise au Venezuela. « Nous adhérons aux déclarations de Sa Sainteté le pape François, faites au cours des dernières heures, concernant la situation que vit le Venezuela », déclarent les signataires du texte, Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Pérou, Paraguay et Uruguay.

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Un éventuel dialogue entre le pouvoir du président Nicolas Maduro et l’opposition devra se faire « dans des conditions très claires, pour une solution négociée de la crise politique, économique et humanitaire » que vit le Venezuela, estiment les huit pays.

Médiation entre opposition et pouvoir

Le pape avait déclaré samedi qu’il était d’accord pour que le Vatican reprenne le rôle de médiation entre opposition et pouvoir qu’il avait joué en 2016. Mais il avait ajouté que cela ne pourrait se faire qu’à « des conditions très claires ».

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Il n’avait pas précisé quelles étaient selon lui ces conditions, mais son secrétaire d’État, Pietro Parolin, ancien nonce apostolique au Venezuela, en avait évoqué quatre en décembre, rapporte l’AFP : établissement d’un calendrier électoral, libération des opposants détenus, ouverture à l’aide sanitaire étrangère et rétablissement des prérogatives du Parlement.

Dans leur déclaration commune publiée par le ministère brésilien des Affaires étrangères, les signataires énumèrent, eux, une série de conditions. « Nous répétons qu’il faut l’arrêt des actes de violence, le plein respect de l’état de droit, la libération des prisonniers politiques, le plein rétablissement des prérogatives de l’Assemblée nationale et l’établissement d’un calendrier électoral », déclarent-ils.

Refus de l’opposition

L’opposition vénézuélienne a officialisé dimanche dans une lettre au pape François son refus de reprendre un dialogue avec le président Maduro « s’il n’y a pas de garanties » sur les modalités de ce dialogue. « S’il n’y a pas de garanties et de ‘conditions très claires’ de la part du régime, il n’y a pas de possibilité ni d’un dialogue, ni d’une résolution de cette très grave crise », écrit la Table de l’unité démocratique (MUD), la coalition de l’opposition.

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Maduro accepte la proposition du pape, contrairement à l’opposition. © AFP PHOTO / Venezuelan Presidency

De son côté, Maduro a accusé l’opposition de refuser le dialogue, tout en se félicitant de la proposition du pape François. « Si je dis ‘dialogue’, ils (l’opposition) partent en courant, ils ne veulent pas de dialogue. Hier, ils s’en sont pris au pape François. Moi, je respecte les déclarations du pape François », a déclaré le chef de l’Etat lors de son émission hebdomadaire.

Un dialogue politique entre pouvoir et opposition avait été lancé en octobre 2016 sous l’égide du Vatican et de l’Union des nations sud-américaines (Unasur). Mais la MUD avait gelé ces négociations en décembre, en accusant le pouvoir de ne pas appliquer des accords déjà conclus sur un calendrier électoral et sur la libération d’opposants emprisonnés.

AFP PHOTO / RONALDO SCHEMIDT

Violences mortelles

Dans ce pays pétrolier en profonde crise économique, où sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ de M. Maduro, l’opposition multiplie depuis un mois les manifestations pour obtenir des élections générales anticipées.

Le Vatican pourrait aider à faire cesser les violences qui ont fait déjà une trentaine de morts.

(Avec Belga)

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