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Would you react ? L’expérience sociale sur le racisme anti-asiatique qui fait du bien

L'expérience sociale Would You React dénonce le racisme anti-asiatique à cause du coronavirus.

Des actrices et acteurs se sont donnés en spectacle dans le métro bruxellois. | © Would You React

Société

De quoi mettre en évidence l’absurdité de la vague de racisme et de la psychose qui tourne autour du coronavirus.

 

Comment réagiriez-vous si vous rencontriez quelqu’un insultant une personne d’origine asiatique dans le métro ? Depuis que le coronavirus fait la Une de l’actualité mondiale, le racisme anti-asiatique s’est propagé plus vite que la maladie elle-même. Sans aucune autre raison que le fait que le foyer du virus se trouve dans un marché chinois. Les personnes qui portent des masques se multiplient à travers le monde, en même temps que les quarantaines.

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En Belgique, seul un cas de personne atteinte du coronavirus a été recensé et le patient a eu la permission de quitter l’hôpital Saint-Pierre après sa mise en quarantaine. En France, onze cas d’infection ont été confirmés et l’un d’entre eux est décédé la semaine dernière. C’était le premier patient à décéder en dehors de l’Asie. Pourtant, une espèce de psychose semble avoir pris d’assaut plusieurs parties du monde. « Il y a une psychose parce que les gens ont peur que ça arrive jusqu’en Europe », explique Sandrine Roisin, microbiologiste, à Jonathan Lambinet, le réalisateur des expériences sociales Belges Would you react (littéralement « réagiriez-vous »).

Le virus dans le métro

Régulièrement, il piège des passants, grâce à des caméras cachées, sur des sujets sociaux : pédophilie, sans-abrisme, enfants perdus ou encore allaitement en public, il se penche sur toutes sortes de sujets pour analyser la manière dont les gens réagissent. Sa dernière vidéo en date porte inévitablement sur le coronavirus et le racisme anti-asiatique qui en découle tristement. Son piège se déroule dans le métro. Deux actrices seront les agresseuses d’une bande de trois personnes d’origine asiatique (actrices elles-aussi), soi-disant là pour les vacances. Caméras cachées au poing, le réalisateur analyse donc comment les Belges ont réagi devant tant de violence dans le métro. Et heureusement, l’issue de l’expérience est plus que positive. « Force est de constater que même si sur internet le racisme est bien présent, dans notre vidéo nous n’avons eu que des bonnes réactions », explique Jonathan lambinet.

« Pour rappel, en Belgique, la simple grippe touche environ 500 000 personnes par an et là on en meurt. Donc il faut rester rationnel et ne pas avoir peur lorsqu’on voit une personne asiatique en rue c’est insensé », souligne le réalisateur. « On a plus de chance pour l’instant, d’attraper la grippe que d’attraper un coronavirus », ajoute Sandrine Roisin. 

« Actuellement en Belgique, je ne pense pas qu’il faille s’en inquiéter. Mais il faut rester vigilant. Les seules personnes qui sont à risque, ce sont des personnes qui vont développer des syndromes respiratoires aigus et qui ont été en Chine dans les 14 jours précédents », rappelle la microbiologiste.

Aider les victimes à sa manière

« On aurait voulu filmer des personnes qui quittent le wagon ou qui sont plutôt du côté des deux agresseuses mais en réalité on n’en a pas trouvé. Tout le monde a soutenu les trois acteurs asiatiques à leur manière. Que ce soit avec de l’humour, du raisonnement ou encore un peu d’agressivité », explique Jonathan Lambinet. « Un jeune homme a préféré aller directement s’adresser aux trois personnes asiatiques et de ne pas dépenser de l’énergie par rapport aux deux agresseuses. Cela peut être une excellente chose pour ceux qui craignent de parler avec les agresseurs. Il y a aussi notre manière de se positionner par rapport à la victime et les agresseurs. Se mettre entre les deux, par exemple, est une bonne initiative si on ne veut pas se mêler du conflit oralement ».

Pour lui, l’expérience sociale a permis de démontrer que le racisme anti-asiatique est loin de toucher la majorité de la population. Et c’est une bonne chose.

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