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Trafic de biens culturels : La Belgique enfin à l’offensive ?

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Le pillage des sites archéologiques alimente un trafic qui passe notamment par la Belgique. | © François Cardona et Paul Cabanis (Babel Doc)

Société

Dénoncée comme l’une des plaques tournantes du trafic de biens culturels en Europe, la Belgique a-t-elle décidé de s’attaquer efficacement au phénomène ?

Les rapports des Nations Unies objectivant le financement des organisations terroristes par le biais du pillage des antiquités ; les alertes de Tracfin (Organe d’état français chargé de la lutte contre la criminalité financière) et du FMI (Fonds monétaire international) au sujet du risque élevé présenté par le marché de l’art en matière de blanchiment d’argent ; ou encore l’émergence d’un business du faux, ont-ils fini par convaincre les autorités de se montrer plus volontaires ?

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Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. D’autant que la lutte contre le commerce illicite de biens culturels ne figurera pas dans le plan national de sécurité (PNS) de 2020. Ce document, publié tous les quatre ans sous l’égide des ministres de l’Intérieur et de la Justice, constitue le fil conducteur du fonctionnement policier pour les années à venir. Selon nos sources, malgré les recommandations d’experts de la police fédérale, le trafic de biens culturels ne sera pas repris au nombre des objectifs de sécurité prioritaires. A cela s’ajoute le fait que la remise en service de la cellule « Art et Antiquités » – l’ex-unité de la direction centrale de la police judiciaire fédérale démantelée par arrêté royal de 2015 -, n’est pas à l’agenda.

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Ceci étant, l’inertie n’est pas totale. Certaines initiatives voient le jour. Ainsi, le service de l’inspection du SPF Economie s’est doté d’une petite équipe qui entend contrôler plus étroitement les activités des marchands d’art. Cette volonté fait notamment suite à l’entrée en vigueur de la cinquième directive européenne de lutte contre le blanchiment de capitaux. Transposable dans le droit national de tous les états membres de l’Union en 2020, la Belgique devrait la rendre applicable dans les tous prochains mois. Les descentes à la Brafa s’inscrivent dans cette dynamique, semble-t-il. Pareillement d’autres enquêtes dans lesquelles le SPF Economie est actuellement impliqué. Ainsi que les douanes, du reste.

De son côté, le parquet de Bruxelles a ouvert des dossiers à la suite de ces enquêtes. Des saisies initialement administratives sont devenues judiciaires. Enfin, le parquet fédéral a confié au juge financier Michel Claise et aux enquêteurs de la section financière de la police judiciaire fédérale (DR4), une vaste instruction visant les activités de Phoenix Ancient Art, une société de réputation mondiale.

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