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Les chiens indiens meurent parce qu’ils ne sont pas à la mode

Plus de la moitié des races indigènes a disparu | © BELGA

Société

Depuis la nuit des temps, le chien est le meilleur ami de l’homme. Mais en 2017, il se doit d’être un ami trendy et photogénique, réseaux sociaux obligent. Résultat : pendant que certaines races sont prises d’assaut, en Inde, d’autres sont condamnées. 

La moue irrésistible d’un carlin. La fourrure duveteuse d’un berger australien. Le regard craquant d’un labrador. Sur les réseaux sociaux, les photos se suivent et ne se ressemblent pas, contrairement aux chiens qu’elles immortalisent : certaines races sont plus prisées que d’autres et certains canidés n’ont jamais l’honneur de figurer dans cette galerie de portraits. Parmi eux, les chippiparais, jonangis, ou encore les kombais. Vous n’en avez jamais entendu parler ? Vous n’êtes pas seul, et cela ne risque pas de changer : pendant que les éleveurs occidentaux se focalisent sur certaines races, ces chiens originaires d’Inde sont en voie de disparition.

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Pourtant plus adaptées au climat, les races indigènes sont moins prisées par les Indiens – Belga

La moitié des races a disparu

Robustes, agiles, et parfaitement adaptées au climat tropical de l’Inde, les races originaires du pays sont pourtant délaissées par les Indiens au profit des races de chien occidentales. En effet, si ces dernières années les Indiens ont progressivement adopté plus de chiens que jamais, ils s’agit plutôt de labradors et de dalmatiens que de chiens indiens. Résultat : la moitié des races de chiens indiennes sont aujourd’hui éteintes, et une grande partie de celles qui existent encore aujourd’hui sont menacées d’extinction.

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Prisés dans l’Antiquité

Et pourtant : dans l’Antiquité, les chiens indiens étaient extrêmement prisés, la demande s’étendant jusqu’à Rome ou Babylone. Grâce à l’engouement international et à leur ADN relativement préservé, les races indiennes ont pu perdurer. Au 18e siècle, un Français de passage dans le pays aurait ainsi recensé pas moins de 50 races, dont le Rajapalayam au poil blanc ras et à l’instinct de chasse développé, ou encore le Lut, aux fascinants reflets bleutés. Interrogé par Quartz India, le naturaliste Theodore Baskaran a confié qu’il ne resterait aujourd’hui plus qu’une vingtaine de races de chiens indigènes en Inde.

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Il ne resterait plus aujourd’hui que 25 races de chiens indiens  – Belga

La Belgique à la rescousse

La solution pour sauver les races restantes ? Une reconnaissance internationale, tout d’abord. Basée en Belgique, la Fédération Cynologique Internationale reconnaît officiellement 300 races de chiens à travers le monde, mais aucune située en Inde. Si la reconnaissance peut sembler anecdotique, elle contribuerait toutefois à augmenter le prestige, et donc la popularité de ces chiens délaissés. Qui bénéficieraient également d’une aide du gouvernement indien. Bien que le Kennel Club of India et certains éleveurs fassent tout leur possible pour défendre les races indigènes, les efforts ne sont rien sans un coup de pouce du gouvernement. Le meilleur ami de l’homme le vaut bien.

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