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Le carnaval d’Alost dans le collimateur des médias du monde entier

carnaval d'alost

Le char controversé sera présent. | © BELGA PHOTO JONAS ROOSENS

Société

Ce dimanche, le carnaval d’Alost risque à nouveau de créer la controverse. Et sa défense est déjà connue, les organisateurs invoquent la liberté d’expression.

Les Alostois se préparent à vivre une édition tumultueuse de leur carnaval. Après les dérapages antisémites de l’an dernier qui lui ont coûté sa reconnaissance par l’Unesco, l’événement bénéficie ce dimanche d’une très grande attention internationale. Des médias du monde entier sont attendus dimanche dans la cité des oignons. Le cortège et ses messages traditionnellement provocateurs seront suivis de près.

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Le char qui avait suscité la polémique, sur lequel étaient visibles des personnages aux nez crochus entourés de sacs d’or, sera bien de la partie, selon les informations du Laatste Nieuws. Selon la RTBF, certains participants ont annoncé qu’ils allaient en rajouter une couche.

Que nous réserve le carnaval cette année ?

Plusieurs groupes ont travaillé sur le thème de la censure. Les « Vismooil’n », responsables du char controversé l’an dernier, ont choisi comme thème « Alost hors-la-loi ». Ils ont, comme cela arrive régulièrement, transmis leur œuvre à une autre compagnie, les « Zwiejtollekes ». Ses membres porteront une cible de tir sur leur costume.

La société « Lossendeirdeveirdeirdeir » proposera elle le « tribunal d’Alost » et annonce déjà que juifs, musulmans et catholiques seront visés. Dans le viseur d’autres groupes se trouveront notamment les jeunes pour le climat, les familles nombreuses d’origine étrangère ou encore les personnes transgenres.

Une « honte » pour la Belgique

Le 19 février, cinq députés européens, inquiets, ont appelé dans une lettre ouverte les autorités locales à « faire en sorte que le carnaval soit un espace libre de toute manifestation exprimant la haine d’autrui ». Le lendemain, le ministre israélien des Affaires étrangères a demandé l’interdiction de l’événement, estimant qu' »en tant que démocratie occidentale, la Belgique devrait avoir honte de permettre des mises en scènes antisémites aussi agressives ».

Malgré la polémique de l’an dernier, le bourgmestre alostois Christoph D’Haese (N-VA) a répété que le carnaval ne devait souffrir d’aucune interdiction. Une intervention n’aurait lieu que si des participants affichaient des images profondément irrespectueuses pour la nature humaine, a-t-il précisé. L’événement avait été reconnu par l’Unesco en 2010. L’organisation des Nations Unies avait déjà dû rappeler le carnaval à l’ordre en 2013, après l’apparition d’officiers SS sur un char dépeignant la N-VA. Des symboles nazis avaient encore été dénoncés en 2018.

Avec Belga

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