Paris Match Belgique

Migrants : En Grèce, la tension est à son comble

migrants grèce ouverture des frontières Turquie

L'île grecque de Lesbos est un passage presque obligé pour les migrants. | © AFP

Société

Depuis que la Turquie a ouvert ses frontières de l’Europe aux migrants, l’île de Lesbos est en proie à des scènes inhumaines.

 

Ce lundi, les images de gardes-côtes grecs tirant à balles réelles en direction d’un radeau sur lequel se trouvaient des migrants ont choqué les esprits. La scène se passe au large de Bodrum, sur les côtes turques. Les autorités grecques tentent d’empêcher le bateau de se retrouver dans les eaux européennes. Depuis quelques jours, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a affirmé qu’il ne tenterait plus d’empêcher les migrants de passer ses frontières pour se rendre en Europe. Il tente ainsi de faire pression sur la communauté internationale concernant le conflit avec la Syrie. Résultat : les migrants arrivent par dizaines dans les îles grecques et la tension entre eux et les Grecs est à son comble.

Sur la vidéo, on aperçoit les gardes-côtes qui tentent d’empêcher l’embarcation de fortune de passer et de la repousser, jusqu’à aller jusqu’au bout de leur dissuasion en tirant en direction des migrants, sans toucher leur bateau. Une action illégale d’après la Convention de Genève, rapporte La Libre. D’après les relais qui en ont été fait sur les réseaux sociaux, les images dateraient de ce lundi matin. Depuis vendredi dernier, la Turquie estime qu’environ 10 000 migrants ont tenté de traverser la frontière turque maintenant ouverte sur l’Europe.

Ras-le-bol des habitants

De nombreuses îles grecques sont situées au large des côtes turques, ce qui en fait un chemin obligatoire pour les migrants qui souhaitent continuer leur périple en Europe. Sur l’île de Lesbos, considérée comme un hotspot et au devant de l’actualité migratoire depuis des années, la situation commence à devenir insoutenable. Et les habitants font connaître leur ras-le-bol de manière parfois très violente. Ce lundi, un journaliste de la RTBF affirmait que les journalistes n’étaient plus non plus les bienvenus sur l’île. « Nous avons été pris à partie dans un village voisin. Mais nous ne sommes pas les seuls. Plusieurs photographes ont été agressés, leur matériel jeté à la mer« , a-t-il expliqué au JT de 19h30.

Lire aussi > « Conversations de Calais » : Pour répandre la voix des migrants et réhumaniser la crise migratoire

La semaine dernière, des affrontements ont également eu lieu entre les citoyens et la police lorsque les habitants ont mené des actions en vue de la fermeture du centre de migrants. Quant à ceux qui parviennent à mettre pied à terre, ils sont accueillis à grands coups de cris et de haine.

CIM Internet