Paris Match Belgique

Fabienne Delvigne : « L’égalité homme-femme ? Tout va aller très vite maintenant »

La Maison Fabienne Delvigne est 'Fournisseur Breveté de la Cour de Belgique' depuis 2001

Sublimer la beauté naturelle des femmes et lutter pour leur condition n'est pas contradictoire... La preuve avec Fabienne Delvigne. | © Photo by GEORGES GOBET / AFP.

Société

La Maison Fabienne Delvigne est ‘Fournisseur Breveté de la Cour de Belgique’ depuis 2001. Spécialisée dans la création de chapeaux pour femmes et pour hommes, Fabienne Delvigne est à la tête de sa propre entreprise depuis plus de trente ans. Chapeau !

 

Par Laurent Depré

Débordée… Entre des interviews téléphoniques, le passage d’une télévison chez elle et un départ en vacances en famille imminent, Fabienne Delvigne prend quelques minutes de son précieux temps pour aborder avec Parismatch.be la journée internationale du 8 mars de la lutte pour les droits des femmes. Et de nous parler de sa lutte pour l’amélioration de leurs conditions. « Mais attention », nous précisera-t-elle à plusieurs reprises, « pas dans un esprit de confrontation violente avec les hommes, surtout pas ! »  

Paris Match Belgique. Par rapport à votre Maison, quelle est votre actualité ?
Fabienne Delvigne. « J’assure toujours la promotion de mon livre revenant sur mes 30 ans de carrière et sorti fin 2019 (Ndlr : Fabienne Delvigne, Sublimer par la différence). La version anglaise va bientôt sortir et nous en attendons beaucoup car nous voulons assurer l’expansion de la Maison vers Londres. En Parallèle, la nouvelle collection « Heavenly Dream » vient de sortir. Avec ces créations, la Maison veut inspirer toutes les femmes et faire de leurs rêves une réalité ».

Vous avez à cœur de promouvoir le savoir-faire des femmes dont vous êtes une éminente représentante jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir ?
« Dans mon travail, il y a deux notes très importantes: la note belge et la note femme. A 23 ans, je débutais un parcours semé d’embûches pour devenir ma propre entreprise. Ce n’était pas facile à la fin des années 80 mais j’ai osé enjambé la barrière sociale. Je reste persuadée que dans le boulot nous avons une approche qualitative différente, nous les femmes. J’espère que mon parcours peut être une source d’inspiration pour d’autres aujourd’hui. »

Vous faites majoritairement appel à elles dans le circuit de production de vos chapeaux ?
« Prenons le simple exemple des fibres que j’utilise pour réaliser les chapeaux. Elles viennent majoritairement de bananiers cultivés et découpés par des femmes au bout du monde. Ce travail leur garantit de l’émancipation. Il est crucial pour elles, dans ces pays du tiers monde, de générer des revenus, de la richesse. Ces fibres qui iront ensuite dans les métiers à tisser et permettront à d’autres femmes d’accéder aussi à de l’autonomie financière… Et, en Belgique, lorsque je regarde les personnes qui m’entourent; indépendantes, collaboratrices, stagiaires… Ce sont très souvent des femmes en effet. Attention, je suis loin d’avoir un discours virulent contre les hommes, comme certaines femmes peuvent l’avoir, ce n’est pas mon propos ! »

Lire aussi > Sabrina Parant (Ladies Drive) : « le mot d’ordre est ne vous laissez plus intimider »

Le 8 mars prochain, ce sera la journée internationale de la lutte pour les droits des femmes. Que vous évoque cette journée ?
« A mes yeux, en Belgique, les femmes ont déjà pas mal d’avancées… Il est plus judicieux, toujours selon moi, de montrer encore et encore des réussites de femmes que de sombrer dans un discours virulent. Je préfère travailler à partir d’exemples positifs. C’est plus pertinent et intéressant. La lutte pour la lutte donne un côté trop masculin aux femmes. Et puis dans mon métier, je recherche tout de même le raffinement, l’élégance naturelle de la femme. Soyons plus fines, travaillons dans notre féminité pour transformer et faire évoluer les choses… »

Je rencontre de plus en plus d’hommes, pour parler de mon activité, qui me remercient de sublimer la femme. Ils estiment que nous évoluons dans un monde qui est devenu très dur et qu’il faut garder le côté glamour de la femme.

Qu’est-ce qui vous choque le plus aujourd’hui encore au niveau du monde du travail dans les rapports homme-femme ?
« Il faut admettre qu’il existe toujours une hiérarchie implicite dans un monde d’hommes… Les très hautes fonctions restent majoritairemement octroyées aux personnes de sexe masculin. Mais, les choses évoluent rapidement me semble-t-il. Les femmes peuvent entretenir un espoir raisonnable. Le monde masculin ne pourra plus faire barrière devant la qualité des profils féminins et ses atouts. Ce sera une évidence sous peu. »

Que pensez-vous de l’ensemble des mouvements, prises de paroles, actes des femmes depuis quelques années ?
« Je ne me retrouve pas dans le côté virulent de certaines féministes mais je loue leur lutte contre tout ce qui est harcèlement sexuel et qui a permis de soulever toute l’horreur du comportement de certains hommes. Il fallait beaucoup de courage pour en parler, pour sortir ces blessures d’elles et les partager. Cela fait froid dans le dos… »

 

Fabienne Delvigne porte l’une de ses créations. ©EFE/Sonia Gonzalez

 

 

CIM Internet