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Un tiers de la population mondiale trouve normal qu’un homme batte sa femme, selon un rapport de l’ONU

violences sexuelles

Des activistes roumaines manifestent ce 4 mars à Bucarest pour protester contre des lois trop laxistes envers les hommes coupables de violences sexuelles. | © Daniel MIHAILESCU / AFP.

Société

Près de 90 % des hommes et des femmes nourrissent au moins un préjugé envers les femmes, révèle une analyse du Programme des Nations Unies pour le développement, publiée jeudi. 

C’est un nouveau rapport qui fait froid dans le dos à quelques jours de la journée internationale des droits des femmes, prévue ce dimanche 8 mars. Près de 90 % des hommes et des femmes nourrissent au moins un préjugé envers les femmes, révèle une analyse du Programme des Nations Unies pour le développement, publiée jeudi et relayée par le Guardian. Le PNUD plaide pour de nouvelles approches pour dépasser ces obstacles.

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Par exemple, la moitié des hommes et des femmes dans le monde estiment que les hommes sont de meilleurs dirigeants politiques, plus de 40% estiment qu’ils sont de meilleurs dirigeants d’entreprises et qu’ils devraient être prioritaires lorsque les emplois sont rares, détaille le PNUD dans un communiqué. Plus interpellant encore : 28% trouvent normal qu’un homme batte sa femme.

10 femmes cheffes de gouvernement sur 193

L’analyse réalisée met aussi en exergue les différences de pouvoir « considérables » dans le monde. Ainsi, moins d’un quart (24%) des sièges parlementaires dans le monde sont occupés par des femmes et on ne dénombre que 10 femmes cheffes de gouvernement sur 193. Et ce « alors que les hommes et les femmes votent dans les mêmes proportions ». Les femmes restent aussi moins bien payées et occupent moins de fonctions de dirigeantes d’entreprise.

Les inégalités entre les sexes sont encore trop évidentes dans les domaines « qui mettent en jeu des relations de pouvoir et qui ont une incidence importante sur l’égalité entre les hommes et les femmes », même si des progrès ont déjà été réalisés, notamment en matière de parité de la scolarisation primaire. « Aujourd’hui, la lutte pour l’égalité des sexes passe par l’élimination des préjugés », déclare Pedro Conceição, chef du bureau du rapport sur le développement humain du PNUD, cité dans le communiqué.

« #MeToo, #NiUnaMenos, #TimesUp. #UnVioladorEnTuCamino. Les manifestations pour les droits des femmes auxquelles nous assistons aujourd’hui à travers le monde, animées par de jeunes féministes, indiquent que de nouvelles alternatives pour un monde différent sont nécessaires », ajoute Raquel Lagunas, directrice ad interim de l’équipe chargée de la problématique hommes-femmes du PNUD.

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Le Programme des Nations Unies pour le développement, qui a créé l’an dernier 74 nouveaux partenariats pour lutter contre les discriminations fondées sur le sexe, appelle les gouvernements à opter pour une nouvelle politique. Il suggère par exemple d’appliquer des taxations « encourageant un partage équitable des responsabilités de soin des enfants, ou en encourageant les femmes et les filles à entrer dans des secteurs traditionnellement dominés par les hommes tels que les forces armées et les technologies de l’information ».

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