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Coronavirus : pourquoi se ruer dans les supermarchés est inutile et même négatif

Se ruer massivement dans les supermarchés n'a aucun sens pour trois raisons au moins. | © BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

Société

Jeudi soir, quelques heures avant l’annonce des mesures drastiques recommandées par le gouvernement fédéral pour endiguer la propagation du coronavirus, la fièvre s’est emparée des grandes surfaces du royaume… Rayons vidés, bousculades, files interminables, anxiété palpable et sourires nerveux… Les Belges ont décidé de faire des réserves. Et c’est encore le cas ce vendredi matin. Pourquoi faut-il absolument l’éviter ?

Par L.Dp

En bout de présentation des mesures de son gouvernement, la libérale Sophie Wilmès a tenu à rappeler qu’il était vain et absolument pas nécesaire de prendre d’assaut les supermarchés pour réaliser ses stocks de pâtes, de conserves ou encore de papier toilette. Au contraire, ce serait même rendre la situation de son proche voisin inconfortable. Car, de rupture de stock et de manque d’approvisionnement, il n’est pas question. Rassurons-nous, nous ne sommes pas le seuls à avoir ce « vieux réflexe ». Français et Britanniques l’ont aussi eu… Des scènes qui rappellent l’époque de la première guerre en Irak, début des années nonante. Et encore, il semble que c’était moins étendu alors.

Comme le rapporte l’Agence France Presse alors que des patrons de la grande distribution affirment en choeur qu’il n’y « aura pas de pénurie dans les magasins », des images de rayons de céréales vidés comme en temps de guerre font le tour d’internet. « Samedi après-midi (Ndlr : le 7 mars), il y a eu certaines ruptures sur les conserves sucrées, salées, sur les pâtes et le riz. C’est le vieux réflexe français de stockage, on sent une volonté claire des consommateurs de stocker », admettait Richard Girardot, président de l’Association des industries agroalimentaires (Ania).

« Ce sont des familles qui se disent ‘si je dois rester à la maison pendant 15 jours et ne pas aller faire mes courses, j’aime autant avoir mon stock’ «  a justifié le président du géant Leclerc, Michel-Edouard Leclerc. Le PDG de Système U, Dominique Schelcher, dont le réseau compte quelque 1.600 points de vente, a aussi mis en cause le « sur-stockage ». Mais les deux patrons ont assuré qu’il n’y « aurait pas de pénurie ». « On a de la bouffe en France jusqu’à l’été », a même lancé M. Leclerc.

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La Belgique est-elle prête ?

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Si l’on en croit Pierre-Alexandre Billiet, patron d’un média spécialisé dans le retail qui s’exprime dans La Libre Belgique, le réponse est plutôt négative et contraire à ce qu’on peut lire ci-dessus. Selon lui, notre réseau de grande distribution est plutôt non-préparé à une telle crise. « Le commerce alimentaire d’Europe n’a aucune résilience, il n’est plus conçu pour faire face à un changement majeur. Il agit sur les marges, fait pressions sur ses fournisseurs… mais c’est tout » explique-t-il. 
Pour autant, se ruer massivement dans les supermarchés n’a aucun sens pour trois raisons au moins. D’abord, le confinement total n’a pas été décrété pour la population. Ensuite, les grandes surfaces resteront ouvertes en tous temps, jours de week-end compris. Il est donc toujours possible de faire ses courses à n’importe quel moment jusqu’au 3 avril prochain, date butoire des présentes recommandations. Enfin, une concentration importante dans un endroit clos comme un supermarché implique de facto un risque de propagation du coronavirus. Ets-il encore nécessaire de rappeler les consignes de base pour éviter la contamination ? Jouer la carte de la panique en dévalisant en même temps tous les rayonnages de Belgique n’est pas une bonne idée et n’est surtout pas justifié ! Faisons place à la solidarité et au bon sens.
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