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Drones : les nouveaux soldats humanitaires

Les drones : le nouvel espoir des organisations humanitaires. | © EPA/ISI

Société

Des drones humanitaires pour intervenir lors de catastrophes, c’est la nouvelle initiative du Programme alimentaire Mondial des Nations Unies, en étroite collaboration avec le gouvernement belge.

 

Le soleil qui tape sur une terre aride, quelques maisons en torchis, des habitants affamés. Au loin, un sifflement. Dans le ciel, une armée de drones transportant des colis envahissent le paysage. Cette scène, on se l’imagine aisément. Malheureusement, les drones n’apportent pas encore de denrées alimentaires aux populations victimes de la famine. Aujourd’hui pourtant, la Belgique et le Programme alimentaire mondial (le « World Food Program ») ont mené les premiers travaux de coordination des « UAV » – pour Unmanned Aerial Vehicle, ou véhicule aérien sans humain à bord – afin de promouvoir leur utilisation lors de crises humanitaires.

Des drones au service des pays en crise

Développés dans un premier temps pour l’usage militaire, ces UAV sont désormais détournés à des fins humanitaires. Certains de ces engins en pilotage automatique peuvent voler plusieurs dizaines d’heures : cette performance permettrait aux organisations d’intervenir plus rapidement lors de catastrophes. Envoyé sur place, le drone pourrait récolter des données, analyser l’ampleur des dégâts et fournir un système de surveillance, ce qui permettrait de sécuriser plus facilement les lieux en cas de situations d’urgence.

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©Flickr /dreamsaredestiny

« En cas de catastrophes, le Programme alimentaire mondial (PAM) et ses partenaires humanitaires doivent répondre aussi rapidement et efficacement que possible », a déclaré ainsi son directeur exécutif précédent, Ertharin Cousin (le nouveau directeur exécutif du PAM, David Beasley a rejoint l’organisation il y a quelques semaines), sur le site du Programme alimentaire mondial. « Au PAM, nous cherchons toujours à promouvoir de nouvelles pratiques et technologies afin de pouvoir surmonter les défis auxquels nous sommes confrontés au milieu du chaos et, en fin de compte, sauver des vies. Des partenariats solides en matière de technologie et d’innovation peuvent favoriser des réponses meilleures, plus rapides et plus coordonnées », explique-t-il. Aujourd’hui, seul un pourcent des revenus du secteur humanitaire est investi dans l’innovation technologique, par manque de moyens.

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La Belgique à la pointe

La Coopération belge au développement a contribué au projet en versant 500 000 euros pour soutenir le PAM, qui mène actuellement un projet pilote afin de développer l’utilisation coordonnée des UAV pour intervenir en cas de catastrophes. « En moins d’une décennie, le coût de la réponse aux crises humanitaires dans le monde est passé de 3 milliards d’euros à plus de 20 milliards d’euros. Pour répondre à ces besoins croissants, nous devons investir davantage dans l’innovation », a exprimé le vice-premier ministre belge et ministre de la Coopération pour le développement, Alexander De Croo. 

©Flickr / United Nations Photo

Ces avancées soutenues permettraient de donner de nouvelles réponses aux crises humanitaires. Financé par la Belgique, ce projet innovant veut concevoir des solutions pour une utilisation efficace de la technologie des drones et éviter les risques potentiels au niveau de la sécurité et de la protection des données, si celle-ci était mal exploitée ou détournée.

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La Belgique est ainsi désormais un acteur-clé des projets technologiques du Programme alimentaire Mondial. Et si les colis d’aide ne constellent pas encore le ciel des pays frappés par la catastrophe, les drones, eux, pourraient bien le faire.

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