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Blue Whale Challenge : le défi morbide qui pousse les jeunes au suicide

Le jeu venu de Russie inquiète les autorités belges | © Belga

Société

Aussi inoffensives qu’elles sont impressionnantes, les baleines bleues sont des animaux extrêmement paisibles. Tout le contraire du challenge qui porte leur nom, et qui multiplie les victimes chez les adolescents. Venu de Russie, le Blue Whale Challenge présente aux jeunes 50 défis, le dernier étant le suicide. Un jeu fou et dangereux qui arrive en Belgique. 

Tout est parti d’un hoax. En Russie, un article à sensation avait dénoncé les prétendus dangers du Blue Whale Challenge, qui voyait les adolescents enchaîner 50 défis, des plus innocents (se lever aux aurores) aux plus violents (s’automutiler) jusqu’à l’irréparable : le suicide. Un article fallacieux d’un goût douteux, rendu plus insoutenable encore par le fait que la réalité a désormais dépassé la fiction. Car si les centaines de morts évoqués par les médias russes étaient inventés, le challenge, lui, s’est immédiatement répandu à travers les frontières. Ainsi que le déplore le portparole de Child Focus, « la fausse information est devenue « un danger bien réel ». Les jeunes vulnérables souffrant déjà d’un manque de confiance en eux et en proie à des pensées dépressives peuvent être particulièrement prédisposés à l’automutilation ».

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Vigilance et empathie

Que faire, alors, pour empêcher les jeunes de se prendre à ce jeu dangereux ? Child Focus recommande avant tout aux adultes de faire preuve de vigilance. « Il faut faire attention aux signaux d’un possible comportement d’autodestruction : des changements de comportement soudain, se retirer, se lever très tôt le matin ou rester debout toute la nuit ou des signaux d’automutilation : des blessures inexplicables ou couvrir son corps à tout moment,… C’est important de discuter du phénomène, d’expliquer aux jeunes de quoi il s’agit et d’attirer leur attention sur le caractère manipulateur du jeu. Tout comme les jeunes se laissent convaincre d’entrer dans le défi, ils peuvent aussi se laisser convaincre d’en sortir. Surtout, il faut faire preuve de beaucoup de compréhension et chercher les raisons qui sous-tendent leur participation au jeu ». Sans oublier d’alerter immédiatement la police : « pousser des jeunes à l’automutilation et/ou au suicide constitue bien évidemment une infraction pénale. Ce n’est que si la police est informée qu’il est possible de prendre des mesures ».

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La baleine rose contre-attaque

Face à l’ampleur du phénomène, les réseaux sociaux ont pris des mesures. Facebook a ainsi pris le parti de bloquer les comptes concernés et de supprimer les photos, tandis que YouTube supprime également les vidéos liées au phénomène. Bien que certaines échappent toutefois à la vigilance des administrateurs du site : l’occasion de réaliser la popularité de ce jeu morbide, avec des vidéos qui frôlent les 200 000 vues. En France, le pire a été évité en mars dans le Nord Pas-de-Calais après qu’une adolescente de Saint-Omer soit arrivée au dernier défi et ait tenté de se pendre. Selon les informations recueillies par Newsmonkey, trois procédures seraient en cours au Parquet de Mons, mais la Computer Crime Unit refuse de trop communiquer sur le sujet: « le but est de ne pas attirer l’attention sur un phénomène peut-être encore inconnu des jeunes« . Un sentiment louable, bien que les jeunes en question semblent déjà bien au courant du phénomène : L’Avenir fait état de 18 plaintes en cours. La bonne nouvelle ? Plutôt que de sombrer avec la baleine, certains ont décidé de lancer en réponse le Pink Whale Challenge. Soit 50 challenges qui rendent heureux, et vont d’une balade en plein air à des déclarations d’amour à ses proches. Un jeu d’enfants ?

 

 

 

 

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