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Covid-19 : Ce qui est mis en place pour les victimes de violences conjugales

hausse de violences conjugales

Un collage pour dénoncer les féminicides. | © Alain Apaydin / ABACAPRESS.COM

Société

La crise sanitaire rappelle que l’espace privé n’est pas synonyme de cocon sécurisé pour tout le monde.

« Restez chez vous ». Répété par les autorités et les citoyens en première ligne, ce conseil peut devenir dangereux pour certaines personnes. Avec le confinement décrété pour tenter d’endiguer la propagation du coronavirus, les associations craignent une hausse des violences conjugales et une complication de la prise en charge. Coincées à la maison, les femmes ont en effet moins d’échappatoires face à un conjoint violent.

Les situations dans d’autres pays touchés par le coronavirus leur ont donné raison, malheureusement. En Chine, les témoignages de femmes battus dans le huis clos qu’imposait le Covid-19 se sont multipliés, notamment sur les réseaux sociaux, alerte Le Monde. Face à ce constat, la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), la Région bruxelloise et la Cocof ont décidé de mettre sur pied une task force pour répondre aux risques d’amplification des problèmes de violence.

En partenariat avec les acteurs de terrain, cette task force assurera un suivi de la situation des infrastructures d’accueil et de soutien afin de mettre au jour les besoins, les urgences rencontrées et d’y apporter une réponse rapide et efficace. Dans un premier temps, une campagne de communication sera diffusée sur les sites et réseaux sociaux des différents niveaux de pouvoir partenaires, afin de rappeler les différents numéros des services d’urgence, d’écoute et de soutien qui sont à la disposition des victimes de violences conjugales et intrafamiliales.

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Face à l’urgence, des associations avaient déjà adapté leurs services pour rester au plus près des femmes malgré la mesure de distanciation sociale. C’est le cas de Vie Féminine, cite par exemple le magazine féministe Axelle, qui peut désormais effectuer des permanences sociales et juridiques par téléphone.

Donner l’alerte

En Espagne, également fortement touché par le coronavirus, le ministère de l’Égalité a mis en place une série de mesures exceptionnelles pour signaler des violences conjugales. Ce plan d’urgence comprend notamment un service de messagerie instantanée avec géolocalisation et une assistance psychologique dans les cas de maintien à domicile. Pour donner l’alerte, les Espagnoles ont un code à prononcer à la pharmacie : « Mascarilla-19 », autrement dit un « Masque-19 ». S’inspirant de ce dispositif, le ministre français de l’Intérieur Christophe Castaner a annoncé ce jeudi 26 mars que les femmes pourront, elles aussi, signaler les violences dont elles sont victimes directement dans les pharmacies pour déclencher l’intervention des forces de l’ordre. Une idée à reproduire en Belgique ?

Et les enfants ?

Les violences intrafamiliales risquent également d’augmenter. En cette période de confinement, « les soucis professionnels et personnels majorent le risque de mauvais traitement chez l’enfant », alertait jeudi auprès de Belga le professeur Michel Dechamps, conseiller pédiatre à l’Office national de l’Enfance (ONE). Dans un environnement violent, les enfants sont maltraités et/ou utilisées par le père pour maltraiter la mère. « Pour de nombreux enfants témoins ou victimes de maltraitance, l’école permet de s’exprimer et de se confier, que ce soit à leurs pairs, aux enseignants ou aux agents PMS. Mais ces écoles sont aujourd’hui fermées. »

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À destination de ces enfants en difficulté, il existe le numéro d’Ecoute-Enfants, accessible gratuitement tous les jours de 10 heures à 24 heures, au 103. Pour les victimes de violences conjugales, le numéro à composer est le 0800 30 030. Pour celles qui ne peuvent pas appeler, un chat est accessible sur le site www.ecouteviolencesconjugales.be.

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