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Tchétchénie : Un plan d’extermination des homosexuels avant le Ramadan ?

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Après les « camps de concentration », un ministre d’État anglais fait état de la volonté de la Tchétchénie d’en finir avec les homosexuels d’ici le 26 mai.

« Ils ont attaché mes mains et des pinces à mes oreilles pour m’électrocuter. Ils avaient un équipement spécial, très puissant. Quand ils vous électrocutent, vous sautez bien au-dessus du sol », relate un homme à CNN. Un jeune homosexuel, tchétchène de surcroit. Le témoignage fait écho aux révélations faites il y a quelques semaines par le journal dissident Novaïa Gazeta et très vite reprises par de nombreux médias internationaux, dont Paris Match Belgique.

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Ces informations, fournies et soutenues par des réseaux de défense des droits de l’Homme et des homosexuels russes et locaux, font état de l’enfermement de plusieurs hommes – leur nombre exact est inconnu et varie d’une dizaine à une centaine selon les sources -, qui seraient battus et forcés de donner des informations sur d’autres gays de cette petite république engoncée à l’Est de la Russie. La chasse aux sorcières, brutale et horrifiante, serait menée par le gouvernement tchétchène lui-même, dirigé depuis 2007 par Ramzan Kadyrov, un ultra-nationaliste musulman choisi par Vladimir Poutine.

©Paul Zinken/dpa – « Merkel : Demandez à Poutine d’arrêter les meurtres d’homosexuels en Tchétchénie !« 

Si le scandale est évidemment revenu aux oreilles des autorités internationales, la plupart restent relativement prudentes face à la teneur de ces révélations, mais surtout, à son origine. L’ambassadrice de Donald Trump aux Nations unies, Nikki Haley, s’est dit « perturbée » par les informations : « Si elles sont vraies, c’est une violation des droits de l’Homme qui ne peut être ignorée – les autorités tchétchènes doivent immédiatement enquêter sur ces allégations, trouver les personnes responsables et prendre des mesures pour prévenir de futurs abus ». Une déclaration vide de sens, à partir du moment où l’initiative serait celle du gouvernement lui-même.

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La réaction la plus frontale vient du Royaume-Uni, d’un membre du parti conservateur, Sir Alan Duncan. Pour ce ministre d’État aux affaires étrangères et membre du Parlement britannique, Ramzan Kadyrov a mené de violentes campagnes, similaires, dans le passé. Désormais, il dirige ses efforts à l’encontre de la communauté LGBT du pays.

Interpelé sur la question au Parlement fin avril, Alan Duncan déclarait avoir reçu des informations alléguant que la communauté homosexuelle tchétchène serait éradiquée d’ici le début du Ramadan, selon The Independent. À savoir, le 26 mai prochain.

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Si Alan Duncan pointe très directement du doigt et nomme Ramzan Kadyrov, le chef d’État nie l’existence d’une telle affaire, mais surtout jusqu’à celle d’homosexuels en Tchétchénie. De son côté, la Russie soutient son homologue tchétchène : d’après la porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitry Peskov, il n’y a aucune preuve pour supporter ces révélations – les témoignages et les rapports, relayés par Amnesty international, n’en étant pas.

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