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Starcasino : des jeux de hasard et de sexisme

La nouvelle pub de Starcasino.be a reçu de nombreuses plaintes pour sexisme. | © Capture d'écran Twitter

Société

Une femme à la poitrine mise en évidence, recouverte de peu de tissus et accompagnée du mot « joueuse » : la nouvelle affiche publicitaire de Starcasino réduit les femmes à un objet de désir, condamne le Jury d’éthique publicitaire. Et ce n’est pas la première fois.

Le sexisme est loin d’être de l’histoire ancienne, encore moins dans la publicité. La dernière campagne sexiste en date : celle du site de jeux en ligne Starcasino.be. Ses affiches montrant une femme en bikini, poitrine en évidence, avec l’inscription « joueuse » étaient largement présentes en Belgique, avant que plusieurs personnes ne portent plainte auprès du Jury d’éthique publicitaire (JEP). Dans un avis publié sur son site le mercredi 3 mai, l’organe a décidé de condamner cette publicité jugée « dénigrante pour la femme et » portant « atteinte à sa dignité humaine ».

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Néfaste et réducteur

« Représenter la femme comme un objet marchand est néfaste et réducteur », argumente le plaignant en soulignant les ravages de la marchandisation du corps de la femme. Il s’inquiète également du rôle joué par la publicité dans notre société, énumérant plusieurs conséquences négatives : « des jeunes filles et des femmes qui se voient sans arrêt confrontées à cette norme oppressante et à cette perfection inatteignable, engendrant notamment des troubles au niveau de l’estime de soi ; ces mêmes jeunes filles et femmes qui sont en outre de plus en plus poussées à vouloir reproduire cette hypersexualisation pour se sentir valorisées ; ces garçons et ces jeunes hommes qui se construisent une image de la femme basée sur des stéréotypes sexistes et réducteurs ; ces hommes qui se sentent dans leur bon droit de harceler les femmes en rue et de les agresser car ils les considèrent à leur disposition, etc ».

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Cette hypersexualisation n’est pas nouvelle. Cosmétiques, mode, parfums… De nombreuses publicités l’utilisent mais dans le cas de Starcasino, « il n’y a ici aucun rapport entre le modèle en bikini et le produit vanté, si ce n’est le slogan qui l’accompagne ». La femme en question n’est autre qu’une candidate de l’Île de la Tentation version flamande, Pommeline Tillière. Celle-ci ne comprend pas la polémique. « N’est-ce pas un peu excessif ? Où est le sexisme dans cette affiche ? Je suis juste en bikini. Il n’y a rien de vulgaire », réagit-elle dans Het Laatste Nieuws.

D’autres s’offusquent du manque de réaction quant à la même publicité version masculine. Les footballeurs de Mouscron ont en effet occupé les abribus quelques semaines auparavant, nus et tenant seulement un ballon. Mais pour celles-ci, le JEP n’a reçu aucune plainte. Normal, l’inégalité dénigrant les hommes et favorisant les femmes est plutôt rare.

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Pour la version féminine, qui n’avait d’ailleurs pas sa place dans les espaces publics, la réponse du JEP est claire : « Le Jury est d’avis que cette image de la femme dans une attitude de séductrice, en combinaison avec le terme « Joueuse », contient clairement une allusion sexuelle, en sus de la référence au rôle joué par la femme en question dans le reality show ‘Temptation Island’, et réduit ainsi dans ce cas-ci les femmes à un objet de désir. Le Jury est également d’avis que le visuel utilisé ne présente pas de lien avec les services de l’annonceur et qu’une image négative de la femme objet de désir est utilisée à des fins commerciales ».

L’organe en charge de la surveillance des publicités a dès lors demandé à l’annonceur de modifier la publicité et, à défaut, de ne plus la diffuser.

Sexism Game Over

Le collectif « Sexism Game Over » a entamé une action coup de poing à Bruxelles, comme le relate la RTBF, dans le but de dénoncer « l’affichage publicitaire, son omniprésence et sa nocivité ainsi que les stéréotypes sexistes que ces campagnes publicitaires véhiculent », expliquent les militant(e)s dans un communiqué. Preuve que les droits de la femme reste un combat quotidien dans une société où le sexisme est « banalisé ».

Starcasino, ce récidiviste

Cette polémique n’est pas la première visant Starcasino. Il y a un an, jour pour jour, le JEP demandait déjà à l’annonceur de modifier la publicité et, à défaut, de ne plus la diffuser. Mêmes plaintes, mêmes raisons mais une affiche différente : Coralie Porrovecchio, une autre starlette de la télé-réalité, vêtue d’une robe au large décolleté avec l’inscription « Double Bonus ». Le Jury était d’avis que la publicité était « de mauvais goût et réduisait la femme à un objet de désir ». Après cet appel, l’annonceur avait modifié le contenu de sa publicité.

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