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Tuerie au Canada : Passionné par la police, l’étrange profil du tireur

Gabriel Wortman

La police bloquant l'autoroute à Debert, Canada, le dimanche 19 avril 2020. | © Andrew Vaughan / CP / ABACAPRESS.COM.

Société

Ce week-end, au moins 16 personnes ont été tuées au Canada au cours de la fusillade la plus meurtrière de l’histoire du pays. Le suspect a été abattu par la police. Son profil se dessine peu à peu.

 

D’après un article Paris Match France de Clémentine Rebillat

Pendant pratiquement douze heures, les autorités ont mis en garde les habitants de Nouvelle-Écosse, au Canada, contre un homme armé et dangereux. Un homme qui semblait-il, conduisait une voiture de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et portait un costume de policier. Son identité a rapidement été dévoilée alors qu’il était toujours en fuite après la découverte de premiers cadavres dans une maison de Portapique. Après une longue chasse à l’homme et seize morts, Gabriel Wortman a été abattu sur le parking d’une station-service, vers 11 heures 40, dimanche.

 

Gabriel Wortman, 51 ans. © AFP PHOTO Royal Canadian Mounted Police, Nova Scotia/ HO.

Peu à peu, le portrait de cet homme se dessine. Auteur de la fusillade la plus meurtrière de l’histoire du pays, Gabriel Wortman était pourtant à première vue un homme sans histoire. Agé de 51 ans, prothésiste dentaire, à Dartmouth, il est décrit par beaucoup comme un homme sympathique. « Nous sommes très choqués de penser que quelqu’un que nous connaissons depuis si longtemps, un bon voisin, un voisin toujours prêt à aider, très gentil, puisse faire quelque chose de si tragique », a commenté Lillian MacCormack, une voisine citée par CTV. « Nous ne savons jamais ce que les autres vivent en privé et pourquoi ils prennent certaines décisions. C’est très triste et tragique et je pense à toutes les familles touchées », a commenté un ancien camarade de lycée sur Facebook, rappelant qu’à l’époque, Gabriel Wortman était toujours disponible pour aider les autres. En 2014, il était d’ailleurs passé à la télévision, sur CTV, pour annoncer qu’il allait fournir gratuitement des soins dentaires à un malade du cancer.

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De son côté, Candy Palmater, qui était amie avec lui à l’Université, a rappelé qu’il avait « une tristesse en lui ». « Il était un peu différent, comme je le suis, mais il était beau à l’intérieur et il avait un grand cœur, mais il était la cible des moqueries de tout le monde », a-t-elle commenté, citée par The Chronicle Herald. « J’ai toujours senti qu’il n’était pas bien dans sa peau, mais je pensais qu’en mûrissant, il aurait appris à s’aimer plus », a raconté un autre ami d’enfance.

« Ce n’était pas un acte fait au hasard »

Depuis toujours, Gabriel Wortman avait une passion : la Gendarmerie royale du Canada, à tel point que sa demeure a été décrite comme un « sanctuaire » en son honneur, a déclaré un témoin, auprès du Globe and Mail. Un ancien client de sa clinique a écrit sur Facebook que Gabriel Wortman aimait « acheter de vieilles voitures de police et les réparer ». D’après lui, il en possédait deux.

Sur le carnet d’étudiants, qui marque la fin du lycée au Canada, il était indiqué dans une note sous sa photo qu’il deviendrait peut-être officier de la GRC. Il était également fasciné par les armes à air comprimé avec lesquelles il s’entraînait à tirer sur des cibles. « Le fait que cet individu portait un uniforme et avait un véhicule à sa disposition montre que ce n’était pas un acte fait au hasard », a expliqué dimanche le superintendant de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Chris Leather. Si les motifs de Gabriel Wortman ne sont pas encore connus, les autorités ont fait savoir dimanche que les services antiterroristes n’étaient pas mobilisés dans cette enquête. D’après certains voisins, il était particulièrement affecté par la fermeture de la clinique d’Halifax en raison du coronavirus. Il souffrait aussi de problèmes d’alcool.

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