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Les séparatistes déclarent l’autonomie du sud du Yémen et rompent l’accord de paix

Les séparatistes déclarent l'autonomie du sud du Yémen et rompent l'accord de paix

Sanaa, capitale du Yémen. | © MOHAMMED HUWAIS / AFP

Société

Un cessez-le-feu avait été instauré afin de freiner la pandémie de coronavirus.

 

Les séparatistes du Yémen, en guerre contre les forces gouvernementales depuis 2014, ont déclaré dimanche l’autonomie du sud du pays, rompant ainsi l’accord de paix conclu avec le gouvernement et revendiquant le contrôle exclusif de la capitale régionale d’Aden.

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Le Conseil de transition du Sud (STC) a accusé le gouvernement de ne pas avoir rempli ses obligations et d’avoir « conspiré » contre la cause du Sud, et a déclaré que l’autonomie avait commencé à 00H00 dans la nuit de samedi à dimanche. « Un comité d’autonomie commencera ses travaux sur la base d’une liste de tâches assignées par la présidence du Conseil », ont déclaré les séparatistes dans un communiqué.

Les séparatistes du sud du Yémen, mobilisés depuis longtemps pour l’indépendance, avaient signé un accord de partage du pouvoir à Ryad en novembre. Le pacte a toutefois vite été caduc, en raison de la non-application dans les temps de mesures clés, notamment la formation d’un nouveau gouvernement comprenant des représentants des sudistes, ainsi que la réorganisation des forces militaires.

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100 000 morts

Depuis le début de l’année, « le nombre de victimes civiles a augmenté chaque mois, avec plus de 500 personnes tuées ou blessées », affirme Mark Lowcock, le secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires de l’ONU. « Une victime civile sur trois est un enfant. » L’ONU « aide chaque mois plus de 13 millions de personnes » dans ce pays ravagé par la guerre depuis plus de cinq ans, dont « près de 12 millions » avec un soutien alimentaire, a-t-il rappelé. La guerre a fait plus de 100 000 morts depuis le début, selon l’ONG spécialisée Acled (Armed Conflict Location and Event Project).

La rupture entre les ex-alliés intervient alors que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement internationalement reconnu dans sa bataille contre les rebelles Houthis, qui contrôlent une grande partie du nord, a prolongé un cessez-le-feu unilatéral visant à freiner la pandémie de coronavirus.

Avec Belga

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