Paris Match Belgique

Il y a plus de 2000 ans, les femmes n’allaient pas seulement à la cueillette mais aussi à la guerre

Il y a plus de 2000 ans, les femmes n'allaient pas seulement à la cueillette mais aussi à la guerre

Les femmes ne s'occupaient pas seulement de la nourriture. | © Unsplash / Dayne Topkin

Société

La vision traditionnelle selon laquelle les femmes étaient responsables de la collecte de la nourriture est peut-être trop simpliste.

Contrairement à ce que l’on pensait auparavant, la place des femmes dans les sociétés anciennes n’était peut-être pas limitée à la collecte de nourriture. Des scientifiques ont découvert en Californie et en Mongolie des ossements laissant penser qu’autrefois des femmes guerrières existaient, révèle le magasine Science News. Selon ces nouvelles études, la division du travail basée sur le genre caractérisait en effet les sociétés anciennes, mais elle n’était pas appliquée de manière aussi rigide qu’on l’a souvent supposé. « La vision traditionnelle (en anthropologie, ndlr) de « l’homme est le chasseur et la femme la cueilleuse » est probablement erronée et trop simpliste », commente l’anthropologue légiste Marin Pilloud de l’Université du Nevada, à Reno.

Certaines preuves archéologiques, ainsi que des récits historiques, dépeignent généralement les hommes de ces groupes d’Amérindiens vivant il y a plus de 5 000 ans comme des chasseurs, des pêcheurs et des guerriers dans des querelles tribales et des conflits avec des armées extérieures. Les femmes sont, quant à elles, présentées comme s’occupant principalement de la cueillette, de la préparation des aliments végétaux, du tissage et des soins aux enfants.

Il y a plus de 2000 ans, les femmes n'allaient pas seulement à la cueillette mais aussi à la guerre
On ne sait pas encore si les femmes combattaient aux côtés des hommes ou si elles se faufilaient chez l’ennemi pour couper les cordes de leurs arcs.© Pixabay / Ciara Houghton

Des squelettes de 128 femmes chasseuses-cueilleuses présentent des blessures causées par des flèches ou des objets tranchants (comme des couteaux), des blessures similaires à celles de squelettes appartenant à des guerriers masculins. Il est impossible de déterminer si ces femmes ont combattu aux côtés des hommes ou si elles ont effectué d’autres tâches dangereuses au combat, comme se faufiler chez les ennemis pour couper les cordes de leurs arcs, rapporte l’étude.

Des guerrières dans ces sociétés anciennes

Lors des guerres entre les tribus amérindiennes de Californie, les femmes étaient souvent tuées lors de raids surprise, ce qui pourrait expliquer en partie les blessures féminines, déclare l’anthropologue biologique Patricia Lambert de l’Université d’État de l’Utah à Logan. Certaines femmes ont pu se battre dans des batailles, soit pour défendre leurs enfants ou leur village, soit en tant que guerrières, suggère Mme Lambert, qui ne faisait pas partie de l’équipe de Marin Pilloud.

Une autre analyse squelettique suggère que les bergers nomades de l’ancienne Mongolie, à la frontière de la Chine du Nord, ont formé certaines femmes à devenir des guerrières pendant une période de turbulences politiques et de conflits fréquents (entre 147 et 552), explique l’anthropologue Christine Lee de l’Université d’État de Californie, à Los Angeles. Des marques sur les os ont mis en avant la pratique fréquente de l’équitation (et des chutes), l’utilisation d’arcs et de flèches et des blessures au visage et à la tête causées par des flèches. Des documents écrits datant de 900 font également référence à des femmes mongoles qui ont combattu dans des guerres. Christine Lee souhaite maintenant effectuer des recherches pour trouver des preuves squelettiques de femmes guerrières dans d’autres tombes mongoles datant d’il y a environ 2 200 ans.

CIM Internet