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« L’État ne pourra pas faire grand chose » : Cet extrait saisissant de 2006 prédisait déjà une pénurie de masques en pandémie

Fred Vargas prédit la pandémie et pénurie de masques

Extrait de l'émission "Tout le monde en parle". | © Capture d'écran de "Tout le monde en parle"

Société

Une séquence prémonitoire d’il y a 15 ans annonçait beaucoup de phénomènes que nous sommes en train de connaître actuellement.

 

L’Institut National de l’Audiovisuel (INA) est le compte par excellence à suivre sur les réseaux sociaux. Il publie quotidiennement d’anciennes archives en rapport avec l’actualité pour nous étonner ou nous divertir. Récemment, l’INA a décidé de partager un vieil extrait de l’émission « Tout le monde en parle », animée à l’époque par Thierry Ardisson.

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Dans cet extrait, on retrouve l’écrivaine Fred Vargas (Les Jeux de l’Amour et de la Mort, Pars vite et reviens tard,…) sur le plateau du célèbre talk-show. L’auteure qui n’a qu’une petite cinquantaine d’années à l’époque, adresse un discours qui fait étrangement penser à la situation que nous vivons aujourd’hui avec le Covid-19. Vargas raconte qu’elle a créé un grand manteau en plastique transparent pour se protéger, comme une « cape antivirus ». La raison ? La romancière, aussi chercheuse au CNRS et spécialiste de la peste, prédisait à l’époque une épidémie de H5N1 et une pénurie de masques.

« Le problème, c’est que les masques il n’y en aura pas. Ça on le sait, c’est un problème de production et de quantité. La grippe, elle arrivera à 90% de risque », débute-t-elle dans l’extrait en question. L’écrivaine aborde ensuite la transmission à travers les muqueuses, la fameuse distanciation sociale qu’il faudra respecter, et l’aérosol que constituent nos postillons à chaque fois que nous parlons ou éternuons.

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Autour d’elles sur le plateau, on aperçoit un François Cluzet atterré, un Gérard Darmon très interrogatif et un Laurent Baffie insouciant et amusé par cette idée de « cape ». Il en plaisante d’ailleurs, mais Vargas l’interrompt pour continuer son discours : « Il faudra qu’on puisse être autonome. Ne pas se mettre dans les mains du gouvernement qui ne pourra pas alimenter les gens en quarantaine vu qu’il n’y aura pas de masques ».

Vargas décrit également très justement un comportement que nous avons vécu au tout début de l’épidémie, et qu’elle appelle la « dislocation sociale ». « En trois jours l’épidémie tombe, on devient des brutes », prédit-elle quinze ans avant les disputes pour du papier toilette dans les supermarchés ou les stockages de paquets de pâtes à gogo. La question du traçage est même déjà abordée avec un talent précurseur. Alors même si Fred Vargas n’a pas prédit l’arrivée du Covid-19 en 2020 et qu’il est toujours plus facile de relire l’histoire après coup, on peut savourer l’esprit complètement futuriste de cette séquence.

 

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