Tchétchénie : une ONG aurait évacué une quarantaine d’homosexuels en danger

Tchétchénie : une ONG aurait évacué une quarantaine d’homosexuels en danger

Une ONG russe aurait évacué une quarantaine de personnes, les emmenant dans d’autres parties de la Fédération de Russie, avant de les transférer hors du pays. | © AFP PHOTO / John MACDOUGALL

Société

L’association russe « LGBT Network » aide à l’évacuation de quarante personnes, les sauvant de la « purge anti-homosexuels » annoncée.

Depuis les révélations du journal dissident Novaïa Gazeta sur les violences faites aux homosexuels en Tchétchénie, la mobilisation des ONG s’organise.

Évacuer les potentielles victimes en dehors de la Russie

Début avril, l’ONG Russian LGBT network a ouvert une ligne téléphonique d’urgence pour aider les victimes à se mettre en sécurité en dehors de la région. « Si vous vous sentez en danger, si l’on vous menace, contactez-nous immédiatement à l’adresse kavkaz@lgbtnet.org », propose l’organisation depuis plusieurs semaines.

Récemment interviewée par la radio américaine NPR, l’organisation a ainsi confirmé – de façon anonyme pour éviter toutes représailles – l’existence d’une potentielle « purge » anti-homosexuels. La responsable de la communication de cette ONG a également expliqué qu’une quarantaine de personnes avaient été évacuées en dehors de la Fédération de Russie, ceci pour aider les homosexuels à fuir les persécutions. Elle a également confirmé que plusieurs décès avaient été rapportés par les victimes.

Parfois, des gens sont battus à mort. Ils nous disent également qu’ils sont torturés avec des décharges électriques, qu’ils ne sont pas nourris correctement et qu’ils n’ont pas d’eau.

Si les potentielles victimes sauvées ont pour l’instant été relogées hors de Tchétchénie et dans d’autres régions de la Russie, l’ONG a assuré que l’objectif était de permettre à ces personnes en danger de quitter complètement la Russie car « pour la plupart d’entre eux, c’est tout simplement mortellement dangereux d’y rester, puisque beaucoup sont traqués par leur propre famille ».

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Pression sur la communauté internationale

Depuis déjà plusieurs semaines, les réseaux de défense des droits de l’Homme et des homosexuels russes et locaux font état de l’enfermement de plusieurs hommes, témoignages à l’appui. Devant un tel scandale, le ministre d’État aux affaires étrangères et membre du Parlement britannique, Sir Alan Duncan, a même déclaré que la communauté homosexuelle tchétchène serait éradiquée d’ici le début du Ramadan – le 26 mai prochain – selon ses informations. Il pointe très directement du doigt et nomme Ramzan Kadyrov, le chef d’État qui nie l’existence d’une telle affaire, mais surtout jusqu’à celle d’homosexuels en Tchétchénie.

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Pourtant, les témoignages d’homosexuels ne cessent de se multiplier. Le 5 mai dernier, le site PinkNews rapportait la mort d’un adolescent homosexuel, poussé du neuvième étage par son oncle tandis que d’autres témoignages affirmaient que des familles tuaient leurs enfants gays. Devant un tel enjeu géopolitique, la Russie continue de soutenir son homologue tchétchène en niant les faits. Sur la scène internationale, seuls le Canada, la Suède, la Finlande et l’Allemagne ont mis en place la délivrance de visas d’urgence aux « rescapés » et « fugitifs LGBT » tchétchènes.

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