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Les Belges trinquent à la réouverture des restaurants et bars à Bruxelles

Bars Bruxelles réouverture

Après trois mois d'arrêt forcé pour cause de coronavirus, la vie a repris lundi dans les bars et restaurants de Belgique. | © Unsplash / Giovanna Gomes.

Société

Santé ! Les Belges trinquent à nouveau dans les cafés à Bruxelles

 

Le serveur, amusé: « Pas de bière à cette heure-ci ». Il est 9h30. Le client se rabat, sans résistance, sur « un thé vert ». Après trois mois d’arrêt forcé pour cause de coronavirus, la vie a repris lundi dans les bars et restaurants de Belgique. Dans la commune populaire bruxelloise de Saint-Gilles, la « Brasserie de l’Union », une institution locale, a été prise d’assaut dès le matin. Une cinquantaine de personnes : des couples, des vieux potes, des personnes âgées, des travailleurs affairés derrière leur Mac…

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En attendant l’heure de la bière – 11 heures – c’est café-spéculoos pour tout le monde. L’estaminet, qui possède une bière brassée spécialement à son nom, réalise 60% de son chiffre d’affaires grâce au précieux breuvage belge. À l’intérieur, tables en bois, chaises dépareillées, comptoir en fer blanc, déco de bric et de broc. Dehors, une vingtaine de tables sont étalées sur l’esplanade. Soigneusement espacées. Et désinfectées après chaque passage. « J’avais un peu peur de l’ouverture. Je ne suis pas un ‘gastro’, mais je travaille sur l’ambiance, la convivialité. J’avais peur qu’on perde ça. Résultat: on a été envahis », se réjouit le patron, Bart Lemmens, 58 ans. Voilà 25 ans qu’il possède l’établissement, géré en bon père de famille et qui n’a, dit-il, pas risqué la faillite à cause du confinement. Mais les effectifs ont été divisés par deux, de 13 à 6. Sa crainte était surtout de « devoir jouer les flics » pour que les clients respectent les distance de sécurité et les fameux « gestes barrière ». « Mais ils ont été cools », ajoute-t-il avec son accent flamand. « Avec des gens qu’ils connaissent ils font attention. Tout s’est bien passé. »

Autre lieu, autre ambiance dans le quartier européen, où les établissements accueillent surtout les expatriés des environs : fonctionnaires, journalistes, lobbyistes, qui composent la « bulle » bruxelloise. Les restaurants, qui vivent surtout à l’heure du déjeuner, respirent. Mais s’adaptent, à l’instar de la « Casa Italiana », resto familial, qui a équipé ses tables de panneaux en plexiglas léger pour isoler les clients. Dans une zone commerçante du quartier, le patron du « Petit Paris » est lui affairé comme jamais. Pas le temps de parler: « Je suis seul à faire le service! » peste-t-il, en bras de chemise, derrière son masque. Jacques, 66 ans, l’observe, heureux de « revoir des gens ». « Le social m’a manqué », dit cet homme venu de Hoeilaert, dans la banlieue flamande de Bruxelles. « The Lodge » a quant à lui fêté sa réouverture en toute sécurité grâce à une idée ingénieuse. Le restaurant de Watermael-Boitsfort a fait appel à une société belge, qui fait imprimer des visages sur des masques via un photomaton amélioré, pour équiper ses employés et ses clients qui en font la demande.

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Dans ce pays de 11,5 millions d’habitants, le virus a fait près de 10 000 morts, une mortalité parmi les plus élevées au monde, rapportée à la population totale. Tous les cafés, bars et restaurants avaient dû fermer le 13 mars à minuit. Et malgré le feu vert au redémarrage, tous ne rouvrent pas pour autant. Certains ont été pris de court par l’annonce du gouvernement mercredi dernier. D’autres ont déjà fait évoluer leur activité pour éviter la faillite. C’est le cas du « Voltaire », établissement d’Ixelles qui a licencié son personnel de salle et ne rouvrira pas à court terme: il devient une épicerie de luxe, confie l’une des employées remerciée.

Pour venir en aide au secteur, le gouvernement belge a annoncé vendredi une réduction de la TVA à 6% jusqu’à à la fin de l’année, à l’exception des boissons alcoolisées. Les employeurs sont également incités à octroyer à leurs employés un « chèque consommatio » » de 300 euros visant à relancer l’activité des secteurs les plus touchés. Dont la restauration.

Avec AFP

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