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Des barres de céréales à base d’insectes : Et si cette nouvelle habitude alimentaire devenait notre quotidien ?

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Kriket commercialise des barres de céréales à base de farine de grillons. | © Kriket

Société

Délicieux et écologiques, les goûters à base d’insectes deviennent la grande mode.

 

Des barres de céréales ultra peps au délicieux goût noisette, c’est le pari que c’est lancé Kriket. Cette entreprise bruxelloise est la première à commercialiser des barres de céréales à base de grillons. L’idée est née d’un constat, ou plutôt d’une frustration par rapport au système actuel. En 2017, Michiel et Anneleen Van Meervenne, frère et coeur, commencent à développer les premières barres Kriket dans leur cuisine, expérimentant plusieurs prototypes. Convaincus par leur recette, ils décident de lancer un crowdfunding et récoltent plus de 13 000€ de près de 250 donateurs. Pari réussi. Trois ans plus tard, leurs barres sont commercialisées chez Bio-Planet, Färm, AS.Adventure ou encore Aveve. La preuve qu’une nouvelle norme est possible.

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Un élevage belge

La farine de grillon contenue dans les fameuses barres Kriket provient d’Albinsecta, une ferme située aux Pays-Bas. Un élevage où il fait plutôt calme, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Les mâles ne font du bruit que lorsqu’ils sont prêts à s’accoupler. De leur côté, les femelles grillons recueillent d’abord le sperme de différents mâles avant de sélectionner celui dont l’ADN est le plus différent du leur. Une telle sélectivité explique pourquoi il y a très peu de maladies dans un élevage de grillons et pourquoi l’utilisation d’antibiotiques est inutile. Autre particularité de ce type d’élevage, alors que les poulets, les porcs et les vaches vivent difficilement le fait d’être entassés dans un espace confiné, les grillons aiment être très proches les uns des autres, et en grande quantité.

Un met aux multiples avantages

Chaque barre Kriket contient 66 grillons, soit 10% de la recette complète. Au-delà de cet ingrédient qui constitue l’essence de leur marque, Kriket commercialise actuellement trois snacks aux trois goûts distincts pour accompagner la farine de grillons. Noisettes grillées, flocons d’avoine et graines de courge pour la première, pistaches, cacao et graines de chia pour la seconde. La dernière, véritable boost de protéines, propose une combinaison de noix de pécan, de dattes et de sel de mer.

Pour produire la même quantité de protéines, le grillon produit 60 fois moins de gaz à effet de serre et consomme 2 000 fois moins d’eau que le boeuf.

« Nous voulions offrir un nourriture saine, locale et respectueuse de l’environnement mais sans perdre le goût », confie Antoine Roba, membre de l’équipe Kriket. Si tout le concept tourne autour de ce petit orthoptère, c’est en raison de sa haute valeur nutritive. Les grillons constituent ainsi une source abondante de protéines, d’acides aminés essentiels, de vitamines B12, de fer, de calcium, de magnésium,… « La farine de grillons utilisée dans les barres contient deux fois plus de protéines que le boeuf, plus de fer que les épinards, plus de calcium que le lait et autant d’omégas 3 que le saumon », ajoute Antoine.

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Un met de choix dont la véritable vertu réside également dans son efficacité d’un point de vue environnemental. Si l’on compare par exemple l’élevage de grillons à celui des vaches, les chiffres sont plus qu’interpellants. La production mondiale de viande représente 15% des émissions mondiale de gaz à effet de serre, 25% de la consommation d’eau douce et occupe 75% de la superficie agricole totale, cela au détriment des forêts.

De son côté, pour fournir la même quantité de protéines, le grillon produit 60 fois moins de gaz à effet de serre et consomme 2 000 fois moins d’eau que le boeuf. « Sachant qu’il faudra nourrir deux milliards de bouches supplémentaires d’ici 2050, ils peuvent contribuer à maintenir l’impact climatique de notre système alimentaire à un niveau aussi faible que possible », conclut Antoine.

 

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Vers un changement des mentalités ?

Ces chiffres commencent logiquement à convaincre un grand nombre de consommateurs à se tourner vers une alimentation à base d’insectes. Aujourd’hui, plusieurs marques belges en dehors de Kriket se sont lancées dans l’entreprise. On pense notamment aux crackers Yuma, aux pâtes artisanales à la farine d’insectes Aldento et même à la bière aux protéines d’insectes Beetles Beer. Un webshop belge très bien foutu répertorie d’ailleurs tous ces produits belges à base d’insectes comestibles, dont Kriket. Son nom ? Little Bugs.

« L’obstacle culturel et psychologique tend à disparaître au fur et à mesure que la population occidentale essaie ces produits »

Pourtant, si l’on dépasse les barrières mentales liées à nos habitudes culturelles de consommation, il est étonnant de découvrir que les grillons et autres insectes comestibles ont en réalité un goût très agréable de… noisette. Ils s’intègrent donc parfaitement dans nos recettes. « Si les insectes ne sont pas encore une source d’alimentation considérée comme « normale », on observe que la demande commence à s’affirmer », remarque Antoine. « L’obstacle culturel et psychologique tend à disparaître au fur et à mesure que la population occidentale essaie ces produits ».

En Belgique, quatre personnes sur dix ont déjà mangé des insectes au moins une fois dans leur vie. Une croissance qui connaît une évolution à deux chiffres en Europe, alors que cette habitude est déjà parfaitement naturelle en Asie et en Afrique où vers à soie, scorpions, sauterelles et grillons frits sont dégustés comme de savoureux petits chips. Et vous, prêt à sauter le pas ?

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site : www.kriket.be.

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