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#Balancetontiktokeur : Les jeunes dénoncent le chantage sexuel dont ils sont victimes sur l’appli

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Image d'illustration. | © Unsplash / Kon Karampelas

Société

Depuis mercredi soir, de nombreux jeunes utilisateurs du réseau social ont répondu en masse au nouveau hashtag #Balancetontiktokeur, créé pour se libérer de l’emprise, du chantage et autres violences sexuelles bien trop répandus sur l’application.

 

C’est un soulèvement. Depuis ce mercredi et à la manière du phénomène #BalanceTonYoutubeur d’il y a deux ans, un nouveau hashtag destiné cette fois à TikTok a fait son apparition. Le réseau des ados et pré-ados est la cible, avec #Balancetontiktokeur, d’une vague de témoignages dénonçant l’emprise, le chantage et les violences sexuelles dont sont victimes ses utilisatrices et utilisateurs, le plus souvent des mineur·e·s.

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Principalement féminines, les victimes font état d’échanges qu’elles ont eu avec des influenceurs de l’appli : demandes de « nude » (photos dénudées) à de très jeunes filles, banalisation du viol, propos violents et insultants envers les femmes, vidéo d’ados mimant des actes sexuels, contenus homophobes… Tout ce qu’il y a de pire.

Sexisme, racisme, chantage : Tout y passe

Depuis, le message initial a été passé à la moulinette de Twitter et noyé dans la masse mais il interpelle. À l’origine lancé par l’utilisatrice nommée @dilxgx, le mouvement compte des dizaines de milliers de tweets parfois extrêmement malaisants. « J’ai eu l’idée de créer le # pour encourager les autres à dire la vérité et à enfin avoir une bonne occasion de sortir des screens de tiktokeurs qui demandent des nudes à leurs abonnés alors qu’ils savent qu’ils en demandent à des meufs de 13 ans », explique la jeune femme au Huff Post.

Parmi les noms les plus cités, on trouve celui du Tiktokeur Aloïs – qui a depuis supprimé son compte. À propos du viol, celui-ci affirmait : « La majorité des meufs qui ‘témoignent’ sur Twitter, c’est les mêmes qui font les putes sur les réseaux. Faut pas faire les victimes après. »

Des témoignages de propos racistes sont aussi légion dans les tweets qui ont fleuri. Comme ici ave avec une jeune femme interrogée sur ses origines, à qui on demande si elle est « beurette. » réponse de l’interéssée : « Je suis pas une sale arabe. »

Capture d’écran à l’appui, une autre jeune femme – qui assure qu’elle n’avait que 13 ans à l’époque – raconte son échange surréaliste avec un autre TikTokeur : « Envoie une photo de toi en soutif (…) Je veux te voir nue », lui écrit-il.

L’impunité

On retrouve encore un sentiment d’impunité qui fait froid dans le dos sur certains échanges. Un utilisateur aux 500 000 abonnés demandaient par exemple à des mineures de lui envoyer des photos dénudées. Une fois les clichés sauvagardés, celui-ci menaçait parfois de faire fuiter les photos intimes tout en exprimant une certaine fierté par rapport à sa réputation, écrivant que « dans quatre jours », c’est-à-dire après son 18ème anniversaire, « tu pourras me qualifier de pédophile ».

Très nombreux, ces témoignages qui continuent d’affluer sont parfois accompagnés de vidéos encore une fois extrêmement malaisantes, où certains s’en prennent aux femmes et leurs règles et d’autres miment des positions sexuelles. Rappelons encore une fois que de très jeunes enfants passent une grande partie de leur temps sur le réseaux social.

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En France, la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, a d’ores et déjà demandé à rencontrer les dirigeants de l’application dés que possible. Se disant « choquée par les témoignages d’emprise, chantage et violences sexuelles« , elle affirme la nécessité de faire de TikTok « un espace sûr » pour les enfants et ados.

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