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Connexion hors ligne : ces cafés qui débranchent le Wi-Fi au nom de la convivialité

Des initiatives pour limiter la présence des ordinateurs, tablettes et smartphones dans les cafés se multiplient en Amérique du Nord et en Angleterre. | © Flickr : Vinu Thomas

Société

Aux États-Unis, certains cafés décident de débrancher le wifi pour encourager les gens à se parler entre eux.

Avec ou sans wifi, votre café latté ? « Sans ! », répondront en cœur les gérants de cafés. N’en déplaisent aux adeptes du télé-travail depuis leur spot à caféine préféré, ils sont de plus en plus à ne plus vouloir de la connexion sans fil.

Un ras-le-bol au nom du vivre ensemble et de la convivialité !

Un café sans wifi, s’il vous plaît

Il s’agit du nouveau boycott en vogue dans les pays anglo-saxons : débrancher le wifi pour inviter la clientèle à se parler. Si chez nous, la terrasse d’un bar ou le canapé moelleux d’un café connote encore un esprit communautaire et convivial, aux États-Unis, en Amérique du Nord ou en Angleterre, ces lieux de rassemblement sont – pour beaucoup – devenus de véritables bureaux de substitution.

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Il est devenu l’élément indispensable à tous les coffee shops. Aujourd’hui, avec un double-expresso et un muffin, ce n’est plus le sucre ou le supplément lait qu’on demande au serveur, mais le code wifi de la maison. Rapidement, les salons de thé/café et autres bars à expresso se sont ainsi transformés en open-space. Chacun étant assis à sa table, les yeux rivés sur son écran tactile.

Traduction : Pas de wifi. Parlez entre vous ! Appelez votre mère ! Faites semblant d’être en 1993 ! Vivez. © Flickr : Anita Hart

Papoter plutôt que tapoter (sur le clavier)

Las d’assister à cette ambiance studieuse, parfois plombante, les tenanciers poussent enfin leur coup de gueule . « Les gens se sont mis en tête que le café était devenu un lieu de travail », explique un patron de café à Toronto, interviewé par le New York Times.

On n’est pas là pour servir de bureau. On veut se la jouer old school et servir de véritable plateforme sociale.

Afin de créer une atmosphère plus communautaire où les gens communiqueraient entre eux, plutôt que de tapoter silencieusement sur leur ordinateur, de nombreux cafés – souvent indépendants – décident donc de débrancher le wifi, ou de limiter simplement son accès selon les heures de la journée.

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Comme à Vancouver, où le café Bows&Arrows a changé sa politique d’utilisation des ordinateurs en coupant le wifi pendant les rushs de service et les brunchs du week-end et en demandant à ceux qui désirent travailler sur leur ordi de s’assoir exclusivement au bar. Si la majorité des clients semblent comprendre et encourager la démarche, d’autres ne cachent pas leur mécontentement, notamment sur les sites d’avis de consommateur comme Yelp ou TripAdvisor.

 

Confinement antisocial ou plaisir solitaire

S’il est encore trop tôt pour connaître l’impact de l’offre « déconnectée » de ces cafés anti-wifi, on devine qu’elle aura des effets contrastés, tant auprès de la clientèle que des commerces.

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Quant à savoir si l’absence de wifi pourra réellement favoriser l’interaction entre les gens, rien n’est moins sûr. Pendant que certains luttent vaillamment contre un « tout-numérique » qui nous priverait du « face-à-face », d’autres continuent – confinement antisocial ou simple plaisir solitaire – à fréquenter les cafés tout en checkant leurs emails.

 

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