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Comment RTL se prépare à l’arrivée de TF1 en Belgique

Le CEO de RTL, Philippe Delusinne aux côtés de Jean-Michel Zecca et Hakima Darhmouch. | © BELGA PHOTO NICOLAS LAMBERT

Société

En septembre prochain, TF1 débarque sur le marché publicitaire belge. Sans surprise pour RTL mais la chaîne prépare tout de même « un plan de transformation » pour faire face à ce nouveau défi.

La nouvelle était dans l’air depuis un bon moment, c’est dorénavant officiel : la chaîne de télévision française a signé avec la régie publicitaire néerlandophone Transfer un accord de commercialisation de ses espaces publicitaires en Belgique, qui débutera en septembre 2017, a-t-elle annoncé vendredi dernier. Pas de surprise pour RTL mais la nouvelle risque tout de même de déstabiliser le fragile équilibre du secteur télévisuel en Belgique francophone. « TF1 bénéficiant d’une part d’audience de 19 % en Belgique francophone, cela pourrait lui rapporter entre 20 et 30 millions d’euros, selon certaines estimations… », rapportait la Dernière Heure au moment de la nouvelle.

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Besoin rapide de changement

Comment la chaîne privée belge se prépare-t-elle à cette arrivée inquiétante ? Après l’annonce officielle de TF1, le CEO de RTL, Philippe Delusinne s’est adressé aux 720 membres du personnel en évoquant « le besoin rapide de refondre le mode opérationnel de RTL si nous souhaitons éviter de nous retrouver dans une situation précaire dans les années à venir », rapporte L’Echo, qui a pu prendre connaissance du message. En effet, la chaîne ne doit pas seulement faire face à TF1 : les nouveaux modes de consommation des médias comme Netflix, la vidéo à la demande et vision différée ou encore la mobilité doivent également être intégrés. « Sans remise en question fondamentale, RTL risque une érosion rapide de ses performances (…), affirme le CEO. Il nous faut entreprendre sans délai un vaste plan de transformation articulé autour de quatre chantiers majeurs ». 

Baptisé #Evolve, ce plan consiste en une redéfinition de l’offre de produits et un repositionnement concurrentiel, le développement d’une offre non-linéaire pérenne, une organisation plus efficace orientée vers la performance ainsi qu’une redéfinition des modes de travail de l’écosystème. Sans détails pour l’instant, le plan sera mis en oeuvre cet été.

Une fidélité rassurante

« Ne nous voilons pas la face : ce qui nous attend ne sera pas facile », affirme Philippe Delusinne qui se veut toutefois rassurant : « La fidélité du public et l’implantation du groupe RTL dans les foyers belges constituent nos meilleurs atouts ».

L’Echo rappelle toutefois que l’appelation « plan de transformation » ne présage pas toujours quelque chose de positif. Déjà appelé de la sorte par un groupe comme Delhaize dans le passé, l’opération s’était soldée, entre autres, par la suppression de 1 800 emplois.

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Sous règles strictes

TF1 veut également rassurer. La chaîne française estime qu’une telle démarche va aussi rapatrier des budgets publicitaires dans le Sud du pays, ce qui profiterait ainsi à toutes les chaînes dont RTL. Mais son arrivée devra passer par le respect des règles très strictes en Belgique. « TF1 est dès lors tenue de signer une nouvelle convention avec son régulateur (à savoir le CSA français) pour pouvoir réaliser les ciblages publicitaires en Belgique francophone », explique le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui se dit attentif à lutter contre le contournement des règles applicables dans notre pays. « Celles-ci causent en effet d’importants préjudices à la pérennité du paysage audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et en particulier à la capacité de ses acteurs à assurer la production et la diffusion de programmes propres, notamment de l’information comme des œuvres audiovisuelles, s’adressant à ses publics spécifiques », précise le Conseil à l’agence Belga.

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