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Corée du Sud : Cette députée vivement critiquée pour avoir porté une robe à l’Assemblée

Ryu-Ho-jeong

La députée Ryu Ho-jeong en robe rouge à l'Assemblée nationale, Corée du Sud. | © Yonhap News.

Société

En Corée du Sud, la députée Ryu Ho-jeong est apparue en robe rouge estivale à l’Assemblée, et a relancé un véritable débat sur le sexisme en politique dans le pays.

 

À 28 ans seulement, Ryu Ho-jeong est membre du petit parti progressiste de la justice et la plus jeune membre de l’Assemblée nationale du pays. Ce qui a été qualifié de « minirobe courte » par les médias locaux, a provoqué un torrent de commentaires misogynes et sexistes sur les réseaux sociaux. Une tendance qui confronte une nouvelle fois la Corée du Sud à ses attitudes dépassées envers les femmes sur le lieu de travail.

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Plusieurs législateurs sont aussitôt montés au créneau pour prendre la défense de Ryu. Dans une publication postée sur Facebook, sa collègue et députée Ko Min Jeong, membre du parti au pouvoir, a déclaré : « Je ne peux pas être d’accord avec les critiques excessives sur ce qu’elle portait. Je l’apprécie pour avoir brisé le rigorisme et l’autoritarisme excessifs au sein de l’Assemblée nationale ».

Ryu Ho-jeong a quant à elle déclaré qu’elle avait fait ce choix vestimentaire afin de s’opposer à la domination masculine au sein de cette assemblée de 300 sièges composés essentiellement d’hommes autour de la cinquantaine. Si cette dernière commence à se diversifier, elle ne compte encore que 57 femmes parlementaires après l’élection d’avril. « À chaque session plénière, la plupart des législateurs, hommes et femmes d’âge moyen, se présentent en costume et cravate, alors je voulais briser cette tradition », a-t-elle déclaré à Mme Yonhap. « L’autorité de l’assemblée nationale ne se construit pas sur le port d’un costume ».

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Les mouvements féministes prennent de plus en plus d’ampleur dans le pays. Un mouvement intitulé « Échappe au Corset » a notamment vu le jour en 2018, suggérant aux femmes de détruire leur maquillage en signe de protestation face aux diktats de beauté d’un pays qui constitue le huitième marché mondial pour les produits cosmétiques. Les exigences de beauté de la Corée du Sud liées à ses valeurs patriarcales envers les femmes sont de notoriété publique. Séoul est ainsi considérée comme la capitale mondiale de la chirurgie esthétique. Selon The Guardian, pas moins d’un tiers des jeunes femmes sud-coréennes y auraient eu recours au moins une fois dans leur vie.

 

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