Paris Match Belgique

On se querelle sur le port du masque, et la Corée du Sud invente l’abribus anti-coronavirus

Corée du Sud abribus

Un abri conçu pour protéger les passagers des pluies de mousson, de la chaleur estivale et du coronavirus COVID-19 est visible à un arrêt de bus à Séoul le 12 août 2020. | © Jung Yeon-je / AFP.

Société

Pays qui a le mieux géré la crise du coronavirus, la Corée du Sud est déjà passée à l’étape suivante : adapter la vie de la société aux nouvelles règles sanitaires.

D’après un article Paris Match France de Yannick Vely

Bluffant et nécessaire. Afin d’éviter la propagation du Covid-19, la Corée du Sud prend des mesures sanitaires drastiques dans tous les secteurs d’activité. Dernière innovation technologique en date, un abribus qui désinfecte les futurs passagers. Déjà installé dans les dix gares routières les plus fréquentées du district de Seongdong-gu, un arrondissement de Séoul, l’abribus d’un genre nouveau est équipé de stérilisateurs d’air aux rayons ultraviolets pour prévenir la transmission aéroportée du nouveau coronavirus.

Lire aussi > Corée du Sud : Cette députée vivement critiquée pour avoir porté une robe à l’Assemblée

Le stérilisateur d’air décompose de 96 à 99% des particules virales, affirme dans la presse sud-coréenne Song Jun-myoung, qui a suivi le projet pour les autorités sud-coréennes. Avant de pénétrer dans ces abribus, les voyageurs doivent se tenir devant une caméra thermique et la porte ne s’ouvre que si leur température est inférieure à 37,5 degrés Celsius. Une autre caméra destinée aux enfants a été installée en contrebas. A l’intérieur de cet arrêt de bus qui ressemble à une large cabine vitrée, le futur passager pourra profiter du wifi, d’un distributeur de gel hydroalcoolique, devra porter un masque et se tenir à une distance d’au moins un mètre des autres passagers.

71 000 euros par abribus

Chacun de ces abribus coûte quelque 100 millions de wons (71.000 euros). « Nous avons installé toutes les mesures anti-coronavirus auxquelles nous pensions« , a expliqué à l’AFP Kim Hwang-yun, un des responsables du projet Smart Shelter.  Depuis leur installation la semaine dernière, chaque abribus a été utilisé quotidiennement par environ 300 à 400 personnes, a indiqué M. Kim. Les passagers peuvent même s’assurer qu’ils ne rateront pas leur bus grâce à un écran qui affiche les heures d’arrivées estimées. « Je me sens vraiment en sécurité ici parce que je sais que les personnes qui m’entourent ont subi tout comme moi un contrôle de température », a expliqué à l’AFP Kim Ju-li, une femme au foyer de 49 ans, utilisant pour la première fois cet arrêt de bus innovant.

Lire aussi > La désinformation sur le coronavirus responsable de milliers de morts, selon une étude

La Corée du Sud était en février le deuxième pays le plus touché par l’épidémie, après la Chine où elle était apparue. Mais les autorités sud-coréennes sont parvenues à maîtriser la situation au travers d’une stratégie très poussée de tests et de traçage des contacts des personnes infectées, sans même imposer de confinement obligatoire. Mais comme dans de nombreux pays, l’épidémie menace toujours de reprendre. 56 nouveaux cas ont été déclarés jeudi, le plus haut total depuis le 3 juillet dernier.

CIM Internet