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Le Danemark va redéfinir sa loi sur le viol, en abordant le consentement sexuel et non pas la violence de l’acte

Le Danemark va redéfinir sa loi sur le viol, en abordant le consentement sexuel et non pas la violence de l'acte

Image d'illustration. | © Unsplash / Tingey Injury Law Firm

Société

Cette proposition de loi est saluée par les associations féministes.

 

Le Danemark a annoncé mardi une réforme de sa législation sur le viol, prévoyant désormais qu’une personne est coupable de viol lorsqu’elle a accompli un acte sexuel sans le consentement de son partenaire. « Nous passons d’un système où il devait y avoir coercition et violence pour qu’il s’agisse d’un viol, à un autre où il doit y avoir consentement. Autrement dit, c’est un viol si l’on n’est pas d’accord », a résumé lors d’une conférence de presse le ministre de la justice, Nick Haekkerup.

Le Danemark va redéfinir sa loi sur le viol, en abordant le consentement sexuel et non pas la violence de l'acte
Nick Haekkerup, le ministre de la justice danois. © Ida Guldbaek Arentsen / Ritzau Scanpix / AFP

L’accord du partenaire sexuel peut s’exprimer par la parole ou « indirectement » selon les circonstances, a relevé le ministre, soulignant que le « langage sexuel dépassait la parole ». La chaîne de télévision danoise TV 2 précise que la proposition de loi stipule qu’il peut s’agir, par exemple, de « baisers, touchers, sons agréables ou mouvements pertinents ». Comme « mouvement pertinents », le texte cite quelques exemples comme « que vous vous tourniez vers l’autre personne, que vous vous aidiez à enlever vos sous-vêtements ou que vous effectuiez des mouvements sexuels ».

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Un projet salué par les associations féministes

« La loi sur le consentement est une grande victoire historique pour l ‘égalité et le droit de prendre des décisions sur le sexe ! », a tweeté l’ONG « Fédération des femmes danoises ».

En Suède, depuis l’entrée en vigueur en 2018 d’une loi similaire, le nombre de condamnations pour viol a augmenté de 75 % dans le royaume, passant de 190 en 2017 à 333 en 2019. Anna Błuś, chercheuse sur les droits des femmes à Amnesty International, avait d’ailleurs commenté en juin 2019 : « Il est choquant de constater que le Danemark ne sera que le dixième pays de l’Espace économique européen à reconnaître qu’un rapport sexuel sans consentement constitue un viol. » Au Danemark, le projet de loi, soutenu par une majorité parlementaire, pourrait être adopté d’ici la fin de l’année.

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