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Réfugiés rohingyas au Bangladesh : Les damnés de l’Asie

Rohingya Bengladesh

La photo prise le 7 septembre 2017 montre des musulmans rohingyas sur le bord d'une route près de Cox's Bazar au Bangladesh alors qu'ils ne peuvent pas entrer dans les camps de réfugiés qui débordent. | © Kyodo / MAXPPP.

Société

Amassés comme du bétail à l’intérieur du camp de Kutupalong, dans le sud-est du Bangladesh, ils sont 630 000 réfugiés musulmans, chassés par les massacres de l’armée birmane. Affamés, désœuvrés, dépressifs, malades, négligés, ils tentent de fuir à grands frais via des passeurs véreux ou sombrent dans les trafics de drogue. Quand ils ne sont pas exploités clandestinement par des employeurs sans scrupules. Beaucoup de Bangladais les haïssent et veulent les renvoyer au plus vite en Birmanie. Une situation désespérée qui semble sans issue. Notre reporter est allé à leur rencontre.

D’après un article Paris Match France de Guillaume Pajot

Le mariage était arrangé. Un jeune garçon l’attendait en Malaisie, une bonne famille. Il avait même envoyé sa photo. Nur Kalima, 18 ans, devait prendre le large, quitter le Bangladesh et ses camps de réfugiés surpeuplés pour ne plus jamais revenir. Son père avait cramé 25 000 takas (280 euros), ses dernières économies, le prix d’une place sur un bateau clandestin. Mais le mariage n’a pas eu lieu et le rêve a sombré en pleine nuit dans l’eau tiède du golfe du Bengale. Affrété par des trafiquants d’êtres humains, le rafiot de sa fille, chargé d’une centaine de femmes et d’enfants rohingyas, a failli chavirer. « Sautez ! Sautez ! » a ordonné un matelot, poussant des passagers pour alléger le navire. « On ne peut pas sauter au milieu de la mer ! » a hurlé Nur Kalima, avant d’attraper une bouée et de se jeter à l’eau.
La jeune fille s’agrippe au plastique de toutes ses forces. Elle pleure, elle nage maladroitement mais réussit à atteindre la rive, une plage de sable du Bangladesh.

La lune éclaire un paysage familier. Les camps ne sont qu’à quelques kilomètres. On cherche les passagers manquants, on crie. Mais l’océan reste muet. « J’ai essayé de sauver ma peau et d’aider, un peu. Je ne sais pas ce qu’ils sont devenus », admet l’adolescente, plongeant son visage dans ses mains tatouées au henné. Après ça, elle a tremblé pendant des jours. Nur raconte son calvaire sous le regard brumeux de son père, un homme dur, accablé par la honte. La honte d’avoir échoué, gaspillé son argent. La honte d’avoir risqué la vie de sa fille. « Personne ne veut tuer ses enfants, rumine le père. Je l’ai mise sur ce bateau pour la sauver, pour qu’elle s’échappe d’ici. » La famille est ruinée. Dans les camps bangladais, l’espoir coûte cher. Le père se morfond quand il pense à l’avenir. Il a cinq filles à marier.

Installé sur une colline dans la région de Cox-Bazar, le camp de Kutupalong.
Installé sur une colline dans la région de Cox-Bazar, le camp de Kutupalong. © Hugo Ribes

Nur Kalima n’est pas la seule à vouloir fuir le labyrinthe de Kutupalong, le plus grand camp de réfugiés au monde, à deux heures de Cox’s Bazar, une cité balnéaire dans le sud-est du Bangladesh. Chaque semaine, la marine nationale intercepte un ou deux bateaux de Rohingyas désespérés, au large d’une langue de sable infinie que les brochures touristiques appellent  »la plus longue plage du monde ». En avril dernier, c’était un rafiot de 400 personnes affamées (dont 182 femmes et 64 enfants) qui tentaient de fuir vers la Malaisie à 2 000 km de là. Deux mois en mer. Vingt-huit y auraient laissé la vie. Les passeurs le savent. Cette région côtière est devenue méconnaissable. Les tentes des Rohingyas ont poussé comme une végétation étrange, des camps de bambou et de plastique, dont le plus vaste, Kutupalong, abrite plus de 630 000 personnes.

Le nettoyage ethnique a poussé les Rohingyas de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh

Tout a changé en août 2017, quand près de 740 000 membres de cette ethnie musulmane, persécutée en Birmanie, ont fui leur pays pour échapper aux exactions de l’armée. Les villages brûlaient dans l’Etat d’Arakan, leur terre natale. Les habitants étaient massacrés par les militaires birmans, les femmes violées. Pour la première fois, en septembre, deux ex-soldats birmans viennent d’avouer leur crime. Le nettoyage ethnique a poussé les Rohingyas de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh, traversant les flots boueux de la rivière Naf avec leurs enfants et leurs maigres affaires. Une trêve tragique. Les réfugiés suffoquent dans les camps géants qui s’étendent à perte de vue. Soumis à un couvre-feu, ils n’ont pas le droit de sortir ni de travailler. Des miradors et une clôture de barbelés ont été construits, avec l’aide de l’armée bangladaise. Beaucoup de cartes Sim ont été confisquées et les réseaux 3G et 4G coupés pendant un an. Le Bangladesh, qui souhaite que les Rohingyas repartent au plus vite, plonge les exilés dans l’obscurité, dans des camps ressemblant de plus en plus à des prisons à ciel ouvert.

La vie s'organise, malgré les ordures, les pénuries.
La vie s’organise, malgré les ordures, les pénuries. © Hugo Ribes

Dans cet environnement confiné, l’état psychologique se dégrade rapidement. « Il y a de plus en plus de patients dépressifs ou anxieux, constate la psychologue Eleonora Belli, responsable des activités en santé mentale pour Médecins sans frontières (MSF). Les réfugiés viennent nous voir pour des symptômes physiques qu’ils ne parviennent pas à expliquer, des maux de tête, de ventre, qui sont les conséquences d’un stress important dû aux conditions de vie dans le camp, à l’isolement, à la perte de leur rôle social, au manque d’espoir… Je reçois aussi de plus en plus de patients avec des pensées suicidaires ou ayant tenté de mettre fin à leurs jours. »

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Mohammed Tahar, 39 ans, a la tête pleine de cauchemars. Chaque soir, ce réfugié rohingya lutte pour trouver le sommeil. Une scène tourne en boucle. Son neveu, tué par des soldats, une balle dans le bras, une autre dans la poitrine. Le garçon a hurlé avant de mourir : « Mon oncle, aide-moi ! » Mohammed regardait, immobile, caché derrière des arbres. Il regarde encore, capable de mimer le tir fatal comme s’il pressait lui-même la détente. Les enfants sont traumatisés eux aussi. La nuit, ils se réveillent en nage : « Papa ! Les militaires arrivent ! » Mohammed les rassure, sans y croire vraiment. « En Birmanie, nous n’avions aucun droit et, ici, c’est pareil, grince le père aux dents rongées par le bétel. Il n’y a pas de fin à nos souffrances. J’ai l’impression qu’on flotte sur une rivière et qu’il n’y a jamais de rivage. »

Un psychiatre pour trois millions de personnes

La détresse des camps défile dans le petit cabinet du docteur Kafil Uddin. Le médecin rondouillard est à l’étroit dans cette pièce de béton, et même sa chemise l’étouffe. Caché derrière un rideau vert, le psychiatre tient une permanence deux fois par mois dans une clinique de la fondation bangladaise Hope, au cœur de Kutupalong. Dans les camps, il est le seul à effectuer des consultations directement auprès des réfugiés. Il est aussi l’unique psychiatre de Cox’s Bazar, la ville la plus proche. Le médecin est à la fois un colosse et un grain de sable. Un psychiatre pour trois millions de personnes.

Kafil Uddin, psychiatre, est débordé par les cas de traumas.
Kafil Uddin, psychiatre, est débordé par les cas de traumas. © Hugo Ribes

Ce matin, Showkat, une frêle gamine de 12 ans, patiente avec son frère dans les bras : Amin, 5 ans, une bouille d’ange mais une bouche muette. La sœur raconte son inquiétude, tandis que les yeux du frère caracolent dans la pièce. Le docteur Kafil Uddin soupçonne un retard mental ou une trisomie 21. Il veut que Showkat revienne avec sa mère. Le seul mot qu’Amin dit, pour l’instant, c’est « maman ».
La patiente suivante bouge à peine. Portée par son mari, Dil Bahar, tête penchée, bouche ouverte, semble suffoquer. « Elle ne mange plus, elle a des maux de tête terribles », se lamente l’époux. Le psychiatre prend sa tension, écoute son cœur. Dil Bahar est épileptique, mais quelqu’un lui a prescrit des antidépresseurs, ce qui aggrave ses crises. « Il faut arrêter ça, on va trouver une solution », rassure le médecin.

Les Rohingyas s’assomment aux anxiolytiques avec l’aide de faux docteurs

Avant de partir, la femme plie son corps rachitique et pose son front sur la main du psychiatre : « S’il vous plaît, priez pour moi. »
Dil Bahar a obtenu son traitement hasardeux au marché noir. Comme elle, des réfugiés s’assomment aux anxiolytiques avec l’aide de faux docteurs. Mohib Ullah, un réfugié de 40 ans, est l’un de ces « médecins » dépourvus de diplôme. Son nom a été modifié car il n’a pas le droit d’exercer, mais les patients affluent, son téléphone sonne toute la journée. Il rédige ses ordonnances sur des bouts de papier qu’il glisse dans sa chemisette. Il ne soigne pas, il bricole : « Si un patient perd la tête, je lui donne des somnifères, à prendre trois fois par jour. Comme ça, il ne cause plus de problème à sa famille. » Sa pharmacie, cachée dans la cuisine, tient dans un sac plastique : Ventoline, pilules contraceptives, antidouleurs… Des seringues aussi. Les Rohingyas, longtemps éloignés des services de santé, raffolent des injections vues comme une solution miracle. Alors, chaque jour, Mohib Ullah fait des piqûres de vitamines, des placebos administrés sans précautions d’hygiène.

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D’autres trafics plus lucratifs se déroulent dans les camps. Certains réfugiés jouent les mules pour des trafiquants de « yaba ». Ces comprimés de méthamphétamine, produits dans l’est de la Birmanie, transitent par le Bangladesh depuis les années 2000. Les Rohingyas sont devenus les petites mains de la contrebande. « Les arrestations pour possession de drogue ne font qu’augmenter depuis que les réfugiés sont là », assure ABM Masud Hossain, le superintendant de la police de Cox’s Bazar, un fonctionnaire désagréable qui préfère le polo à l’uniforme. Les visiteurs papillonnent dans son bureau comme à la cour du roi. Au Bangladesh, la police est une institution puissante. Le commissaire se vante d’entretenir « plus de mille informateurs » dans les camps, une prétention invérifiable, même si la région grouille d’agents en civil qui terrifient les réfugiés et suivent les journalistes à la trace.

Plus de 50 Rohingyas ont été tués par la police

Depuis le printemps 2018, la police a les pleins pouvoirs. Le Bangladesh s’est lancé dans une « guerre contre la drogue », à l’instar des Philippines du président Duterte. Une croisade aveugle et sanglante, avec son sillage de meurtres extrajudiciaires. Des suspects décèdent avant d’arriver au commissariat, mais les forces de l’ordre nient toute exécution sommaire. Elles préfèrent parler de « fusillade » et de « tir de riposte ». Plus de cinquante Rohingyas ont déjà été tués par la police. « Vous savez, la plupart des réfugiés ne posent pas de problèmes, mais ils n’ont rien à faire, pas de travail. Alors, quand le diable frappe à leur porte, ils ouvrent », conclut le commissaire Hossain avec un sourire mystérieux.

Le « diable » frappe à l’heure de la prière, à la nuit tombée, au moment fatidique où la police et les organisations humanitaires désertent les camps, laissant les exilés livrés à eux-mêmes. Beaucoup de réfugiés ne mettent pas les pieds dehors, redoutant les kidnappings et les règlements de comptes. « Chaque soir, je patrouille avec deux ou trois volontaires, explique Aktar Hussein, un maji, responsable de la sécurité de son bloc. S’il se passe quelque chose de grave, on est seuls. Personne ne viendra nous aider. » Il redoute les criminels qui font la loi dans les camps, comme l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (ARSA), un groupe rebelle qui s’est fait connaître en attaquant des postes de police en Birmanie. L’ARSA est accusée d’intimider et d’exécuter les réfugiés qui ne lui prêteraient pas allégeance ou renseigneraient les autorités. « Quand ces militants rohingyas kidnappent, torturent et menacent des civils, ils se comportent exactement comme l’armée birmane, dénonce Matthew Smith, fondateur de Fortify Rights, l’ONG qui a documenté leurs exactions. Les responsables de ces crimes doivent être traduits en justice de façon équitable et impartiale. » Mais le Bangladesh, qui ne veut montrer aucune faiblesse, refuse d’admettre la présence des rebelles dans les camps.

Les entreprises préfèrent employer des réfugiés qui travaillent pour 1 euro par jour

L’arrivée soudaine des réfugiés a bouleversé la vie des Bangladais. Une poussière permanente flotte dans l’air. Les routes défoncées sont devenues impraticables, embouteillées par des kilomètres de véhicules qui vont et viennent dans les camps. Le prix des denrées alimentaires a grimpé, tandis que les salaires ont chuté, car des entreprises préfèrent employer des réfugiés, moins regardants sur la paye et les conditions de travail. Mohammed Sami, 25 ans, a ouvert son restaurant grâce à cette main-d’œuvre. Chez lui, des gamins frottent les tables au chiffon. En cuisine aussi, il n’y a que des réfugiés. « Ils voulaient du boulot et je les ai aidés, justifie le patron, fraîchement diplômé en économie. Ils travaillent pour seulement 100 takas par jour [1 euro]. Cette crise, c’est aussi des opportunités. »

Sharif Azad n’est pas du même avis. Le journaliste de 34 ans a les traits fins, un visage adolescent. Il présente bien avec sa chemise blanche et ses chaussures cirées. « Au début, j’ai aidé, j’ai donné de l’eau et de la nourriture, raconte le natif de Cox’s Bazar. Puis les réfugiés ont rasé nos collines, notre forêt. Les prix ont flambé. Ils sont devenus une menace, ils kidnappent nos femmes et nos enfants. Chaque jour, nous respirons plus mal, ils pompent notre oxygène. »

La vie s'organise malgré les ordures, les pénuries.
La vie s’organise malgré les ordures, les pénuries. © Hugo Ribes

Son message haineux, délivré d’un ton froid, est aussi celui du Comité pour la défense de nos droits, l’association pro-Bangladais qu’il dirige. Son objectif : tout faire pour que les Rohingyas restent enfermés en attendant d’être renvoyés en Birmanie le plus vite possible. Le groupe, qui revendique plus de 1 000 membres, incite à dénoncer les réfugiés qui sortiraient des camps. « Je dis aux gens : si vous voyez un Rohingya dans votre quartier, appelez immédiatement la police, explique le jeune homme bien mis. On en a fait arrêter pas mal comme ça. » Autour des camps, la colère ne demande qu’à éclater, il le sait. En août 2019, après le meurtre d’un notable du parti au pouvoir, la Ligue Awami, imputé à des réfugiés, des habitants furieux ont saccagé des tentes et des magasins fréquentés par les Rohingyas. La lumière n’a jamais été faite sur l’assassinat, dont les six principaux suspects ont été tués par la police – une « fusillade », encore.

Derrière leurs barbelés, les réfugiés ne savent même plus où mourir. La place manque sur les collines. En fin d’après-midi, une procession s’ébranle. Des hommes coiffés d’une calotte blanche portent un cercueil recouvert de tissu. « Un vieux », murmure la foule. L’ancien sera enterré près du ciel, sur une montagne transformée en cimetière. Des plantes poussent sur les tombes, délimitées par des cages de bambou. On enferme les morts pour éloigner les vivants. Hamida Khatun n’a jamais pu enterrer son mari. Ils ont quitté la Birmanie ensemble alors que les militaires ratissaient leur village. « Ils voulaient arrêter les jeunes, qu’ils soient hommes ou femmes. Pourquoi ? Je n’en sais rien, mais nous n’avons donné personne », affirme ce bout de femme de 50 ans, au regard franc et aux pommettes saillantes. Le couple s’est caché dans les montagnes, sept jours à grimper, à ramper. Hamida a perdu connaissance lors d’un mouvement de foule. Au réveil, son mari n’était plus là. Est-il allé chercher de l’aide ? L’a-t-il abandonnée ? Les questions blessent comme des couteaux, elle ne saura jamais. Des réfugiés ont dit qu’il était mort. « Beaucoup de femmes sont dévastées parce qu’elles ont perdu leur époux ou leurs parents, explique Hamida d’une voix ferme. Je leur dis toujours : pleurer ne ramènera pas le bonheur chez vous. »

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Elle a créé un groupe de femmes, Shanti Mohila (« Femmes de paix » en rohingya), rassemblant plus de 2 000 réfugiées. Ces volontaires s’entraident, visitent les tentes et dissipent les mirages. « Oubliez la Malaisie, les bateaux. Un mariage ne sauvera pas votre foyer. Il faut arrêter de vouloir marier nos enfants à tout prix et revenir à l’essentiel : la santé, l’éducation », souligne Hamida, une exception dans cette société rohingya très conservatrice. Sa détermination fait des émules. « En Birmanie, je ne savais même pas écrire mon nom, raconte Nosima Begum, une femme de Shanti Mohila. Maintenant, je sais lire, écrire, je n’ai plus peur. Hamida est une leader-née. Son groupe m’a tout appris. »

La veuve est obsédée par la justice, un espoir qui anime beaucoup de réfugiés. Avec l’aide d’un avocat britannique, les femmes de Shanti Mohila ont soumis une requête à la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête sur les crimes commis contre les Rohingyas. Hamida est même venue témoigner devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève. Elle n’avait jamais voyagé. Elle n’avait jamais vu la neige. Maintenant, des hommes la félicitent, elle n’en revient pas. Hamida serre son petit-fils contre sa poitrine, dans l’ombre de sa hutte de Kutupalong. Elle sait bien que, loin de la Suisse, les réfugiés se noient lentement, asphyxiés dans des camps de misère. Elle a accroché une bouée de sauvetage sur une cloison, en cas d’inondation. Sous son voile, Hamida a des airs de capitaine : « Je veux pouvoir les sortir de l’eau. » 

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