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Facebook se décide finalement à bannir le négationnisme

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Image d'illustration. | © Unsplash / Kon Karampelas.

Société

Dans un communiqué publié lundi, le réseau social a fait savoir qu’il allait désormais bannir les contenus niant la réalité de la Shoah.

D’après un article Paris Match France de A.G.

Facebook continue de changer ses règles concernant les contenus haineux. Lundi, le réseau social a fait savoir qu’il allait désormais «retirer» les publications négationnistes. « Aujourd’hui, nous mettons à jour notre réglementation sur les discours de haine pour interdire tout contenu niant ou présentant une vue déformée de l’Holocauste », indique un communiqué signé de Monika Bickert, vice présidente de la politique de contenu. « Prochainement cette année, nous dirigerons quiconque cherche des mots associés avec l’Holocauste ou le négationnisme vers des informations crédibles hors de Facebook », ajoute-t-elle.

En 2018, les vues de Mark Zuckerberg sur le sujet du négationnisme avaient déclenché une vive polémique. Dans un entretien au site Recode, il avait déclaré : « Je suis juif, et il y a un groupe de gens qui nient que l’Holocauste soit arrivé. Je trouve ça profondément offensant. Mais au final, je ne crois pas que notre plateforme doive exclure ça, parce que je crois qu’il y a des choses que les gens comprennent de travers. Je ne pense pas qu’ils font exprès de mal comprendre mais… » Le fondateur de Facebook s’était ensuite expliqué dans un email au site : « Je trouve personnellement le négationnisme profondément offensant et je ne voulais absolument pas justifier les intentions de ceux qui y prennent part. »

Un problème connu depuis des années

Facebook fait l’objet de critiques de longue date pour sa tolérance à l’égard du négationnisme. En 2009, dénoncé pour avoir tardé à supprimer certaines pages dédiées à cette théorie antisémite, le réseau social avait défendu le droit au débat. Un porte-parole de l’entreprise, cité par sur un blog de CNET, avait expliqué que « bien sûr, nous abhorrons les idées nazies et jugeons le négationnisme dégoûtant et idiot ». « Toutefois, nous pensons que les gens ont le droit de discuter de ces idées et nous voulons que Facebook soit un endroit où les idées, même les idées controversées, peuvent être discutées. Bien sûr, nous avons certaines limites », avait ajouté le porte-parole.

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Plus d’une décennie plus tard, en juillet dernier, l’Anti-defamation league (ADL), une organisation américaine dédiée à la lutte contre l’antisémitisme et le racisme, peignait un tableau peu flatteur du négationnisme sur Facebook. Citant plusieurs pages aux intitulés parfois limpides -comme « Holocaust Revisionism », un groupe comptant 1900 membres- l’ADL avait rapporté la teneur des échanges circulant sur ces pages : propos et images violemment antisémites, abondance de commentaires niant l’humanité des juifs ou vantant les mérites d’Adolf Hitler… « En raison du refus de Facebook de considérer le négationnisme comme un discours antisémite, cette rhétorique apparaît un peu partout sur la plateforme, y compris dans des groupes publics et privés dédiés spécifiquement à ce sujet. Et bien que certains de ces groupes affirment qu’ils sont des forums pour une « discussion objective » sur l’Holocauste et que le négationnisme pur et simple y est interdit, une étude de l’ADL a clairement trouvé du négationnisme explicite, ainsi que l’antisémitisme haineux et conspirationniste souvent associé à cette philosophie », pointait l’organisation.

« L’annonce de ce jour marque une nouvelle étape dans notre effort pour combattre la haine sur nos services », indique le message publié lundi par Facebook. « Notre décision s’appuie sur la hausse de l’antisémitisme bien établie au niveau mondial et sur le niveau d’ignorance inquiétant concernant l’Holocauste, en particulier chez les jeunes. Selon un récent sondage d’adultes aux Etats-Unis âgés de 18 à 39 ans, près d’un quart a déclaré penser que l’Holocauste est un mythe, qu’il a été exagéré ou qu’ils ne savaient pas avec certitude », note le communiqué.

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Facebook a multiplié, ces dernières semaines, les mesures pour contrer les contenus problématiques, après avoir longtemps résisté. « Nous avons banni plus de 250 organisations prônant la suprématie blanche et nous avons mis à jour notre réglementation pour prendre en compte les groupes paramilitaires et [la théorie du complot] QAnon. Nous bannissons régulièrement d’autres individus et organisations partout dans le monde, et nous avons supprimé 22,5 millions éléments de discours haineux au deuxième trimestre de cette année. Après une année de consultation avec des experts externes, nous avons récemment interdit les stéréotypes antisémites sur le pouvoir collectif des juifs qui les dépeignent en maîtres du monde ou de ses institutions importantes », précise Facebook dans son message de lundi.

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