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Dix ans après : Le Printemps arabe en 10 dates clés

Dix ans après : Le Printemps arabe en 10 dates clés

10 000 manifestants réclament le jugement de l'ancien président Hosni Moubarak, le 8 avril 2011, sur la place Tahrir au Caire (Égypte). | © MISAM SALEH / AFP

Société

Ce tournant de l’Histoire aura provoqué le départ de quatre dirigeants.

 

C’était il y a déjà dix ans. En s’immolant par le feu, Mohamed Bouazizi provoque l’étincelle d’un mouvement de contestation populaire historique dans la région. La jeunesse se révolte, dérieuse de liberté et de changement politique. Retour sur 10 dates clés qui ont marqué cette période forte de l’Histoire.

17 décembre 2010 – L’étincelle tunisienne

Un jeune vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, excédé par la misère et les humiliations policières, s’immole par le feu à Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie. Son acte désespéré déclenche un mouvement de protestation contre le chômage et la vie chère, qui s’étend à tout le pays.

14 janvier 2011 – « Ben Ali dégage ! »

Les Tunisiens défilent par milliers dans la capitale aux cris de « Ben Ali, dégage ! ». Ils demandent le départ du président, au pouvoir depuis 23 ans. Dans la soirée, ce dernier fuit en Arabie saoudite. C’est premier dirigeant d’un pays arabe à quitter le pouvoir sous la pression de la rue. La « Révolution du jasmin » donne le coup d’envoi du Printemps arabe, avec son slogan phare : « Le peuple veut la chute du régime ».

Dix ans après : Le Printemps arabe en 10 dates clés
Au lendemain du discours du président Ben Ali, des milliers de Tunisiens sont descendus dans la rue pour demander son départ. © Belga Image / LE PARISIEN

25 janvier 2011 – Révolte en Égypte

Des milliers d’Égyptiens défilent au Caire comme à Alexandrie et dans de nombreuses autres villes pour réclamer le départ de Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981. « Pain, liberté, dignité », scandent certains. « Moubarak, dégage ! », crient d’autres. La « Révolution du 25 Janvier » est lancée.

25 janvier 2011 – « Le peuple a fait tomber le régime ! »

Alors que plus d’un million de personnes manifestent à travers l’Égypte, Hosni Moubarak démissionne et remet ses pouvoirs à l’armée, provoquant une explosion de joie. « Le peuple a fait tomber le régime ! », scande une foule en délire sur la place Tahrir (Libération), devenue symbole de la contestation.

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15 février 2011 – La place Tahrir inspire Bahreïn et répression sanglante en Libye

La place de la Perle à Manama est rebaptisée par des milliers de manifestants « place Tahrir ». Les protestataires réclament une véritable monarchie constitutionnelle et des réformes politiques. Mais le soulèvement est écrasé à la mi-mars après l’entrée de troupes du Golfe, notamment saoudiennes, pour protéger des installations vitales.

En Libye, la police disperse par la force un sit-in contre le pouvoir à Benghazi, deuxième ville du pays, et des affrontements opposent manifestants et forces de l’ordre. Mouammar Kadhafi menace de traquer les rebelles « rue par rue, allée par allée, maison par maison ». La contestation se transforme en insurrection, sévèrement réprimée (des milliers de morts).

6 mars 2011 – Syrie : Des slogans au conflit

Ce jour-là, une quinzaine d’adolescents gribouillent sur les murs de leur école à Deraa, dans le sud de la Syrie : « Ton tour est arrivé, docteur », apostrophant le président Bachar al-Assad, ophtalmologiste de formation. L’arrestation et la torture des adolescents allument la révolte et les premières manifestations pacifiques réclamant des changements démocratiques. Mais face à l’impitoyable répression du régime, le soulèvement tourne à la guerre civile, un conflit qui a fait à ce jour plus de 380 000 morts.

La Russie, grand allié avec l’Iran du pouvoir de Damas, déclenchera plus tard (fin septembre 2015) une intense campagne militaire pour aider l’armée syrienne, au bord de l’effondrement. Bachar al-Assad parvient, avec l’aide de ses deux parrains, à se maintenir à la tête d’un pays en ruines.

20 octobre 2011 – Kadhafi capturé dans un égout

Mouammar Kadhafi, en fuite depuis la chute de Tripoli aux mains des insurgés, grâce à un appui décisif de l’Otan, est tué près de Syrte, sa région d’origine à l’est de Tripoli. Celui qui avait gouverné la Libye pendant 42 ans et insultait à longueur de discours les « rats » ayant osé se soulever contre son pouvoir a été capturé rampant dans un égout en bord de route avant d’être tué.

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23 octobre 2011 – Premier vote libre en Tunisie

Les Tunisiens se mobilisent massivement pour élire une Assemblée nationale constituante (ANC), première élection libre de l’histoire du pays. Dominée par les islamistes d’Ennahdha, l’ANC est chargée de rédiger la Constitution.

27 février 2012 – Saleh cède le pouvoir au Yémen

Ali Abdallah Saleh, à la tête du Yémen depuis 33 ans, cède le pouvoir à son vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi, après plus d’un an d’une contestation qui a mobilisé des dizaines de milliers de manifestants. Il est le quatrième dirigeant à être emporté par le Printemps arabe, mais son départ a lieu à l’issue d’un processus de transition négocié sous la pression des monarchies du Golfe.

Dix ans après : Le Printemps arabe en 10 dates clés
Hosni Moubarak, Ben Ali, Ali Abdallah Saleh et Mouammar Kadhafi. © AFP

29 juin 2014 – Les jihadistes émergent du chaos

Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) proclament un califat sur de vastes territoires conquis en Syrie et en Irak. L’EI va semer la terreur, procédant à des décapitations, exécutions massives, viols, rapts, nettoyage ethnique.

Avec l’AFP

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