Paris Match Belgique

Covid Breakers : les jeunes se sentent « abandonnés » et « incompris »

Le confinement est très dur à supporter pour les jeunes... qui ont soif de liberté. | © DR

Société

Selon une enquête de la Cocom, qui a interrogé un panel de Bruxellois entre 18 et 25 ans, étudiants, travailleurs ou chercheurs d’emploi, les jeunes ont le sentiment d’être « privés de l’essentiel »…


Comment les jeunes Bruxellois vivent-ils le confinement ? Quel est leur état d’esprit ? « Abandonnés » et « incompris » si l’on s’en réfère à l’enquête* de la Commission communautaire commune de la Région de Bruxelles-Capitale. Alors qu’à plusieurs reprises le comportement de groupes de jeunes a été présenté comme insouciant voire « inconscient », les jeunes qui ont participé à l’enquête se révèlent pleins de gravité face à une pandémie qui a bouleversé leur vie au-delà de l’imaginable, explique la Cocom dans son rapport.

Tristesse, solitude, incertitude, frustration, découragement et colère sont les émotions qu’ils ont confiées aux enquêteurs lors d’entretiens approfondis. De plus, certains jeunes ont l’impression qu’on les prive de l’essentiel : c’est-à-dire voir leurs amis, faire des projets, travailler ou étudier « normalement »… Un « blues » du confinement qui est partagé par tous les sondés,
francophones et néerlandophones, et ce quelle que soit leur origine culturelle.

Un (re)confinement difficile à vivre

Face à un avenir incertain, beaucoup de jeunes Bruxellois avouent qu’il est difficile pour eux de rester motivés et engagés dans la lutte contre le coronavirus. Plus inquiétant encore, comme cela ressort de cette enquête exclusive, ils ne font pas spontanément le lien entre le respect des mesures sanitaires et une possible sortie de crise. Sans surprise, une des mesures les plus difficiles à vivre est la limitation des contacts sociaux. Leurs amis leur manquent et contrairement au premier confinement, les apéros virtuels n’ont plus la cote auprès de cette partie de la population. La fermeture de l’horeca les affecte beaucoup, les bars et restaurants sont par essence des lieux de socialisation très importants. Enfin, l’utilité du couvre-feu n’est pas bien comprise non plus par les jeunes.

Lire aussi >Covid-19 : Obama, Bush et Clinton veulent se faire vacciner publiquement pour rassurer la population

Il faut noter que la majorité des jeunes Bruxellois affirme connaître et appliquer les gestes-barrières.Ils le font surtout pour protéger leurs parents et leurs grands-parents. Conscients de la dangerosité du coronavirus pour leurs proches, ils ne le considèrent pas comme une menace pour leur propre santé, et ce même s’ils ont déjà contracté le virus.

Pas assez pris en considération

Fatigués par une crise sanitaire qui dure depuis longtemps, les jeunes ont également le sentiment de ne pas être entendus ou pris en considération par la société, note encore l’enquête de la Cocom. Ils déplorent qu’une grande partie de l’attention publique et médiatique se concentre sur certains groupes comme les personnes ou certains secteurs comme les commerces et certaines professions tel le personnel médical.

L’autre besoin exprimé est celui d’avoir des perspectives pour pouvoir faire des projets. Les jeunes reconnaissent que cette incertitude sur une possible sortie de crise est source de démotivation et de désengagement, notamment par rapport au respect des règles sanitaires.

Covid Breakers, pour renouer avec le cours normal de nos existences

Soucieuse de redonner de l’espoir aux jeunes Bruxellois, la Cocom a lancé fin novembre une campagne de communication à leur attention. Intitulée « Covid Breakers », cette campagne rappelle aux jeunes qu’ils ont le pouvoir de modifier les choses à leur échelle. Porter un masque, garder ses distances, limiter ses contacts… En appliquant ces gestes essentiels, les Covid Breakers
brisent la chaîne de transmission du virus et créent les conditions pour renouer avec le cours normal de nos existences.

Positive, inclusive et parfois humoristique, cette campagne a été créée avec et pour les jeunes, en tenant compte de leurs besoins, dont celui d’avoir des perspectives et celui de sourire de
la situation.

*Enquête qualitative menée auprès d’un panel représentatif de 24 Bruxellois âgés de 18 à 25 ans, interrogés
entre le 4 et 13 novembre par le bureau d’études MARESCON.

 

CIM Internet