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L’heure est à l’upcycling chic

Les coussins tricotés, nés de la collaboration entre HoHM et Anvers Wiesi Will | © DR

Société

Plus qu’une tendance, recycler de beaux matériaux est une démarche qui réconcilie luxe et écologie.


Magali Eylenbosch

Après une longue carrière dans la mode, Sophie Barttle a créé HoHM et s’est spécialisée dans l’ameublement sur mesure avec des tentures, des stores, des coussins et bien d’autres créations qui ne manquent pas de style.

Paris Match. Quel est le chemin qui vous a mené à créer HoHM ?
Sophie Bartle. J’ai travaillé 15 ans dans la mode. J’étais styliste pour plusieurs sociétés en Belgique. Lorsque j’ai perdu mon travail, j’ai réfléchi à une manière de faire évoluer ma carrière. J’avais été très interpellée par la quantité de déchets produits par l’industrie de la mode. En tant qu’employée, je n’avais aucun moyen d’action. En créant ma propre entreprise, je pouvais faire un petit quelque chose pour la planète. J’ai toujours été très intéressée par la décoration et, tout naturellement, j’ai eu envie de m’orienter vers le textile pour la maison : les tentures, les coussins, l’art de la table,…. Mais en recyclant des matériaux textiles.

L’upcycling est de plus en plus tendance. Est-ce juste une préoccupation écologique ?
J’ai l’impression que ça va plus loin. Moi, j’ai grandi dans la campagne anglaise. Depuis que je suis née, mes parents m’ont appris à prendre soin de mes affaires et, lorsqu’il y avait moyen, de les recycler. Maintenant, c’est une tendance. Pour moi, c’est un mode de vie. Et ça peut aller très loin. J’ai créé une collection de serviettes en lin recyclé. Pour les teindre de manière naturelle, j’ai utilisé les déchets de la cuisine : noyau d’avocat, peau des oignons, fanes, etc. J’ai fixé les teintures avec du lait de soja. Les teintes sont hyper douces et délicates.

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Sophie Bartle, une créatrice qui fait rimer déco chic et écologie. ©DR

Vous prouvez avec vos créations que le recyclage n’exclut pas l’esthétique ?
Absolument pas ! Quand on parle de recyclage, on pense aux hippies. On peut recycler en travaillant avec de belles matières et de belles couleurs.

D’une certaine façon, les objets que vous proposez sont des pièces quasi uniques ?
Oui et je travaille quasi exclusivement sur commande. Je fabrique une pièce de chaque et puis il y a un délais de trois à quatre semaines pour recevoir le produit. Le but n’est bien sûr pas de stocker. Ce serait en contradiction avec mon concept. Je travaille beaucoup sur mesure

Vous mettez un point d’honneur à collaborer avec les ateliers locaux, c’est une démarche qui prend encore davantage de sens aujourd’hui ?
Oui, bien sûr ! Et puis, c’est beaucoup plus facile. Je travaille, par exemple, avec un atelier de confection de tentures à Anvers. Je suis très exigeante au niveau des finitions et les détails sont très importants. Si j’ai une explication à donner, je prends mon vélo et j’y suis en quelques minutes.

Vous avez collaboré avec les stylistes de tricots d’Anvers Wiesi Will, pour une édition limitée de coussins. Est-ce une expérience que vous aimeriez renouveler régulièrement ?
J’adore les collaborations. C’est très enrichissant. Je suis allée dans l’atelier de Wiesi Will pour sélectionner les fils que nous désirions recycler. Nous avons rencontré beaucoup de défis techniques, notamment à cause des différentes épaisseurs de fils. Mais c’est vraiment gratifiant de voir les produits finis. C’est un peu cher, mais c’est une démarche qui demande de longues heures de travail.

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Des produits en lin recyclé et teint naturellement. En vente sur commande sur le site de HoHM. ©DR

 

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