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Avec le coronavirus, le père Noël se retrouve seul dans son village en Laponie

Père noël

Les touristes sont moins nombreux. | © Pixabay

Société

Le coronavirus n’épargne personne, même le père Noël n’y échappe pas.

Dans son « village » aux confins du Grand Nord finlandais, les derniers préparatifs sont beaucoup plus solitaires que d’habitude pour le Père Noël, privé cette année d’une grande partie des touristes étrangers pour cause de Covid-19. Derrière un écran de plexiglas destiné à le protéger des germes des visiteurs, l’homme en rouge et blanc explique que 2020 restera pour lui et ses rennes une année noire. « Ca a été une année exceptionnelle et difficile » , reconnaît-il dans une interview à l’AFP depuis sa grotte de Rovianiemi, en Laponie finlandaise, sur le cercle polaire. « Cette année, les gens m’ont surtout demandé du bonheur, la santé… et encore une petite louche de bonheur, mais les enfants, eux, ont continué à demander des jouets et des jeux » , explique le fameux barbu. A cause des restrictions, le parc d’attractions du « Village du Père Noël », qui se revendique être sa résidence officielle, a vu les habituels flots touristiques de décembre se réduire à un petit ruisseau.

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Quelques dizaines de personnes ce jour-là, à peine plus que les employés, visitent les lieux enneigés. « Normalement on s’attendrait à des milliers de personnes, mais nous sommes globalement seuls » , constate Teppo Karjalainen, venu du sud de la Finlande avec son épouse Andrea et leurs deux enfants. La Finlande est fermée aux voyages non essentiels et les vols charters pour trois jours autorisés exceptionnellement pour sauver la saison n’ont pas suffi à ramener beaucoup d’étrangers. Conséquence: pas beaucoup d’attente pour passer un peu de temps en personne avec le père Noël. Certains se paient même le luxe d’un tête à tête de cinq minutes, même si à 79 euros ce n’est pas exactement un cadeau. La Laponie finlandaise, dont Rovaniemi est le centre touristique, avait atteint en 2019 un record de 2,9 millions de nuitées, poursuivant sa progression entamée depuis sa conversion au tourisme dans les années 1980. Cette année, les chiffres ont été divisés par six, dont l’essentiel début 2020 avant l’arrivée du virus.

« Survivre l’été prochain »

« Les communautés locales sont réellement en danger » , s’inquiète Sanna Kärkkäinen, la présidente de l’office du tourisme, qui estime à 5.000 emplois détruits et 700 millions d’euros de manque à gagner l’effet du Covid-19 sur l’activité. « Nous avons déjà été informés des premiers dépôts de bilan et il y en aura d’autres » , anticipe la responsable. Faute de visiteurs, le parc d’attractions concurrent, « Santa Park », a lui carrément choisi d’arrêter la saison et de ne rouvrir qu’à l’hiver 2021. Plus de 90% des effectifs ont été supprimés, et bientôt encore davantage: l’hôtel resté ouvert va également terminer prématurément sa saison. « Toute l’équipe était là, on avait vraiment de grands espoirs » , se désespère Ilkka Läntinen, propriétaire du complexe touristique avec sa femme Katja. Dans son viseur: des allégements des restrictions, évoqués par le gouvernement, qui ne se sont pas matérialisés. Le couple se console avec des premières bonnes réservations pour l’hiver 2021, date à laquelle le monde espère en avoir presque fini avec le virus.

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La voix couverte par les aboiements de ses 90 chiens de traîneau, Kristian Erkkilä a lui choisi de rester ouvert, même si les 600 visiteurs quotidiens habituels ne sont plus qu’un souvenir. « Nous sommes ravis d’accueillir tout le monde, mais nous passons notre temps à penser à ce que nous allons devoir faire pour survivre l’été prochain » , concède-t-il. A une demi-heure de route de là, par un bon -15 degrés, Ville Hääviko et son équipe mettent un dernier coup de tronçonneuse pour achever leur Arctic Snow Hotel, un hôtel de glace reconstruit chaque hiver, autre incontournable de la région. La saisonnalité du matériau donne une certaine flexibilité: cette année, ils ont construit deux fois plus petit, avec 11 pièces seulement, toutes décorées de superbes sculptures de glace. « Nous avons essayé de maintenir l’activité et les gens au travail, car nous avons des employés permanents, avec leurs familles et leurs emprunts » , explique le patron. Derrière l’hôtel, lors des très longues nuits de décembre, les locataires peuvent espérer apercevoir à travers le toit transparent de leur igloo l’autre star de la saison: une aurore boréale.

Par Belga 

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