Paris Match Belgique

Scénario catastrophe : Arrêtées à Cannes pour avoir voulu se baigner en burkini

La baignade s'est finie au poste pour les recrues de Rachid Nekkaz | © Belga / AFP

Société

Elles voulaient se mettre à l’eau, elles auront fini en cellule : ce vendredi, une dizaine de femmes qui avaient planifié une baignade en burkini ont été interpellées à Cannes. La sortie balnéaire avait été organisée par Rachid Nekkaz, un Algérien qui s’est fait connaître en payant les amendes des femmes qui ne respectent pas la législation française sur le voile intégral.

Leur plongeon aura fait un plat : alors qu’elles devaient se mettre à l’eau, les neufs recrues de Rachid Nekkaz ont fini au commissariat. Interpellées par la police devant l’hôtel de luxe Martinez, les baigneuses ont été entendues dans les locaux du commissariat de Cannes, avant d’être libérées vers 17 heures. Ainsi que le rapporte Le Monde, la préfecture avait pris mercredi un arrêté interdisant toute manifestation sur l’ensemble du littoral cannois. Et un deuxième arrêté spécifique interdisant à Rachid Nekkaz toute manifestation lui avait été notifié vendredi matin. Dans un communiqué, publié vendredi après-midi, la préfecture écrit qu’il a « été constaté cet après-midi à Cannes un début d’attroupement », auquel il a été « mis fin par les forces de l’ordre en interpellant les personnes qui formaient cet attroupement illicite ».

Lire aussi > Cagole forever, un documentaire sur les pinas du monde entier

 

« Répondre à l’absurde par l’absurde »

Rachid Nekkaz, qui se définit comme un « légaliste », a expliqué avoir pris acte de cette décision et renoncé à son projet initial de manifestation, qualifiant l’événement de « simple baignade avec des amies et de la famille ». Après un passage au commissariat, il a affirmé aux journalistes attroupés sur la Croisette qu’il risquait lui-même « une amende de 7 500 euros et six mois de prison pour manifestation non autorisée« . Dans les pages de Nice Matin, Rachid Nekkaz avait ironisé ce mardi que « c’est le comble d’interdire un rassemblement qui entend célébrer une décision de la plus haute autorité administrative française, le Conseil d’Etat. C’est lui qui a autorisé le port du burkini sur les plages le 26 août 2016″. Et d’ajouter : « Personne ne peut nous empêcher de nous baigner. A la raison je réponds par la raison, à l’absurde je réponds par l’absurde ».

CIM Internet