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Interdiction de fumer : la cigarette déserte les cafés mais fait la loi dans les discothèques

Le nombre de cafés en infraction est en diminution constante. | © Flickr/momography

Société

Depuis l’introduction de la loi d’interdiction de fumer en 2011, le nombre de cafés en infraction est en diminution constante, alors que les discothèques, elles, sont toujours enfumées.

Après le lieu de travail, les restaurants et les cafés proposant de la nourriture, la cigarette a déserté les lieux publics « fermés » avec la loi du 1er juillet 2011. En théorie.

En 2016, 13% des établissements contrôlés n’ont pas respecté la loi, selon les chiffres communiqués par la ministre de la Santé Maggie De Block (Open VLD) aux titres Sudpresse samedi. L’an passé 318 plaintes ont été enregistrées, en recul par rapport aux années précédentes (467 en 2015; 1 327 en 2012). La majeure partie des plaintes ont été émises en Flandre en 2016 (264 plaintes introduites en néerlandais, contre 54 en français).

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« Toutes les plaintes sont suivies et un contrôle est organisé sur place », explique la ministre. Il y en a ainsi eu 197 en 2016 (384 en 2015), avec 59 infractions constatées, soit 30% des cas (30% également en 2015). On atteint donc une moyenne de 13% d’infractions pour la Belgique, dont 22% de nuit et 10% de jour. Mais les chiffres sont disparates entre les régions (23% d’infractions à Bruxelles, 8% en en Wallonie, 14% en Flandre).

L’amende, s’il ne s’agit pas d’un récidive, s’élève à 208 euros pour le fumeur et le cafetier. Si plusieurs fumeurs sont surpris dans le café, l’amende pour le propriétaire augmente en fonction avec un plafond de 8 000 euros.

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Des contrôles rares voire inexistants dans les discothèques

Quand la nuit tombe, la cigarette reprend le pouvoir dans les nightclubs. Reporters a diffusé ce vendredi soir sa caméra cachée dans une discothèque de Bruxelles : « On y voit des dizaines de jeunes et de moins jeunes, fumer en toute impunité et sans la moindre remarque du personnel, comme si fumer dans un lieu public était à nouveau toléré, normalisé ».

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Des images qui n’étonnent personne, les contrôles étant rares voire inexistants. Pourtant, pour Luk Joossens, expert dans la lutte contre le tabagisme à la Fondation contre le cancer, la solution est toute trouvée. « On sait qu’il y a un nombre limité de discothèques et on connaît leurs heures d’ouverture. Il suffirait d’y envoyer des inspecteurs et le problème serait résolu ».

Manque de moyens et d’effectifs, les contrôles sont également difficiles à se mettre en place car ils se font souvent suite à des plaintes, comme pour les cafés. « Elles sont certainement moins nombreuses dans le monde de la nuit, suppose Pierre Bizel, de l’Observatoire de la Santé du Hainaut. Je crois qu’il y a des lieux de vie qui sont plus difficiles à couvrir que d’autres. Mais c’est pourtant bien là qu’il faut porter l’effort et dénormaliser le tabac comme dans d’autres endroits ».

(Avec Belga)

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